Face au crime est une histoire de famille
Celle que forment Marek et sa sœur Stella, soudés par le deuil impossible de leur aîné Grisha, victime il y a dix ans d’un meurtre crapuleux dont le coupable court toujours. En réaction, Marek a rallié les rangs de la police berlinoise, au grand dam de ses proches qui méprisent les « moussar », la flicaille. Quant à Stella, pour fuir le chagrin, elle s’est jetée dans les bras d’un beau Russe qui dissimule à peine ses activités illégales sous la devanture d’un restaurant chic. Dans leurs yeux se lit toute la mélancolie de leurs aïeux, ces Juifs lettons qui quittèrent le pays pour l’espoir d’une vie plus prospère en Allemagne, sans savoir qu’ils allaient à la rencontre du nazisme. À la fin des fêtes de clan, quand la vodka coule à flot, les accordéons jouent aussi des airs de violence. Car ici les chansons de famille sont devenues des chansons de mafia.

Face au crime est une histoire d’exploitation
Celle d’un monde où passé minuit, le corps des femmes circule et se vend comme une marchandise, un vulgaire article de contrebande. Un monde où le sort de deux jeunes Ukrainiennes éprises d’Occident, Jelena et Swetlana, se résume à quitter la campagne de leur enfance pour aller plus à l’Ouest satisfaire la perversité de ceux qui ont de quoi payer. Dans ce Berlin-là, au revers de la démocratie capitaliste, dans les boyaux souterrains du crime organisé, la religion consiste à invoquer sa liberté pour mieux posséder son prochain.

Face au crime est une histoire d’Europe
Celle d’ici et maintenant, travaillée par les migrations, aux frontières grandes ouvertes au commerce mais au cœur taraudé par la peur de l’Autre. Un continent où les langues butent les unes contre les autres, où les cultures se côtoient sans mélange, où la mémoire lutte contre l’immédiateté du profit, comme se délavent avec le temps les tatouages des vétérans. Du passé, il ne resterait plus que les stries de la division, qui continue d’opposer les enfants de l’ex-URSS et ceux de ses anciens satellites, et se dresse encore symboliquement entre l’Est et l’Ouest pourtant réunifiés. À la jonction de l’espoir et de sa satisfaction, Berlin est toujours une ville charnière.
Pourtant, dans cette antichambre où individualisme et communautarisme semblent être la seule alternative, les rencontres authentiques sont encore possibles. L’espace d’un instant, au milieu des embouteillages, à travers la foule et la pluie, le regard de Marek croise celui de Jelena. Lui qui ne sait que faire de son identité lettone, elle qui vient de franchir toutes les frontières. Deux solitudes hantées par le souvenir de l’Est se reconnaissent. Face au crime, c’est aussi une histoire d’amour.
Face au crime est une série à multiples facettes, à mi-chemin entre le polar classique, l’enquête psychologique et le roman mafieux.
Loyauté, violence, romantisme… Dans ce récit choral se croisent des points de vue contrastés sur la communauté russophone de Berlin.







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