Du corset au soutien-gorge; des talons aux ballerines plates... Si le XXe siècle est le siècle des révolutions, celle de l’évolution de la condition féminine en Europe n’est pas la moindre. Et “Le Petit Echo de la Mode” s’en est fait.. l’écho. Ces quelques modèles et quelques accessoires plongent le badaud dans un autre temps. Jeune femme, jeune homme, arrête-toi à la bibliothèque Forney pour en savoir plus. Pour les aînés, c’est aussi l’occasion de se rappeler ce journal qui a tiré à plus d’1 500 000 exemplaires, à son apogée, en 1950.
Le “Petit Echo de la Mode” est donc inter-générationnel. Fondé en 1880, il paraît jusqu’en 1983. Il est le premier magazine féminin à inaugurer les rubriques qui constituent, aujourd’hui, la trame de tous ses petits frères : mode, santé, famille, éducation ( “non, une jeune fille ne tend pas la main à un jeune homme”nous apprend un article), cuisine, déco et surtout la couture. Tout pour apprendre à être “la fée du foyer".
Il touche toutes les classes, en véritable ciment de la cohésion sociale. Sachant fidéliser ses lectrices, « Le Petit Echo de la Mode » est proche d’elles. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le journal donne ses conseils pour apprendre à détricoter les chandails et réutiliser la laine ou tailler des vêtements pour enfants avec ceux de leurs parents. Et puis, il y a le feuilleton, apparu en 1887 dans ses pages. Un feuilleton qui n’est pas pour rien dans l’augmentation du nombre d’abonnements. Et, en 1893, le patron de couture, inspiré par les grands créateurs, fait doubler le tirage. Grâce à cette astuce, même les femmes issues d’un milieu rural ou de moyenne bourgeoisie s’habillent comme « les dames de la ville ». Difficile de se dire que les costumes présentés, impressionnants de finitions et de beaux tissus, ne sont que des modèles ordinaires. Pour ces femmes au foyer, qui ne travaillent pas, “le Petit Echo de la Mode” représente une ouverture, un appui extérieur.
L’exposition, au charme suranné, reflète tout cela. Elle vient de Chatelaudren, en Bretagne, où s’est créée l’association “Culture et Patrimoine” qui gère le centre “Ressources du Petit Echo de la Mode”. Les articles sont choisis judicieusement ( comme les obsolètes conseils à la bonne ménagère) et les vitrines apportent une dimension concrète bienvenue. Au fil des ans, éventails délicats, gants précieux, faux-culs (sorte de cages que l’on s’attache à la taille pour donner une silhouette au derrière proéminent) et corsets disparaissent peu à peu. La perception du corps s’émancipe. Si la présentation peut parfois sembler désuète, on apprécie le fait de pouvoir feuilleter des exemplaires complets de l’hebdomadaire. Et de s’amuser à en lire les réclames. Car, au travers de ces modèles, c’est la femme de XXe siècle que l’on suit. Celle qui a été corsetée, et qui s’est peu à peu échappée de son image de mère et d’épouse. Le passé qui s’expose ici n’est pas si loin. Avec un côté “petite madeleine” qui réveille des souvenirs.
Infos pratiques"Le petit Echo de la mode - 100 ans de presse familiale"
Jusqu’au 3 mai
Hôtel de Sens - Bibliothèque Forney
1, rue du Figuier
75004 Paris
>> Le site du Petit Echo de la Mode






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