LE CHAMP DES CHÂTEAUX L’Europe est un gisant reposant sur les coudes : Oui, elle gît d’Orient en Occident, le regard fixe, De romantiques mèches de cheveux tombant Sur ses yeux grecs, occupés à se souvenir. Son coude gauche est vers l’arrière déplacé ; Le droit en angle est disposé. Italie dit le premier, là où il est étendu ; Angleterre, dit le second, là où sur le côté, La main vient faire un socle où s’appuie le visage. Elle fixe, de son regard de sphinge, de son regard fatal, L’Occident, futur du passé. Son visage au regard fixe est le Portugal. |
Poème reproduit in extenso avec l’aimable autorisation de l’éditeur Christian Bourgois. Fernando Pessoa Poèmes ésotériques Traduits par Michel Chandeigne et Patrick Quillier Message Le marin Christian Bourgois éditeur, 1988, Paris ISBN 2626760054363 |
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Pour le poète portugais Fernando Pessoa (Lisbonne, 1888 - id., 1935), « Les poètes n’ont pas de biographie. C’est leur œuvre qui est leur biographie ». Il s’est caché, pour écrire, sous des personnages différents dont l’ensemble ne forme « personne », pessoa en portugais. Il a déclaré aussi, sous l’hétéronyme d’Alberto Caeiro, « La réalité n’a pas besoin de moi ».
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