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Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

Actualité Cinéma

22/04/09

Festival International du Film Fantastique de Bruxelles

27ème édition du BIFF (du 9 avril 2009 au 21 avril 2009) : Palmarès et impressions


Le jury du 27ème Festival International du Film Fantastique de Bruxelles, le BIFFF, a décerné le Corbeau d’or au film « Morse » de Tomas Alfredson.

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Le jury international était cette année présidé par Patrick Tatopoulos, un Français parti travailler à Hollywood dans le domaine des effets spéciaux et qui est récemment passé à la réalisation avec « Underworld 3 : le soulèvement des Lycans ». À ses côtés, trois autres réalisateurs : le Japonais Katsuhito Ishii (Prix du 7e Parallèle pour « A taste of tea » au BIFFF en 2005), l’Américain Lucky McKee (Corbeau d’Argent pour « May » au BIFFF en 2003) et le Belge Pieter Van Hees.

Ensemble, ils ont attribué le Corbeau d’Or 2009 à « Morse » de Thomas Alfredson, ce qui n’est pas une grande surprise tant est puissant le pouvoir de séduction de ce film : inutile de préciser que ce n’est pas son premier prix ! (« Morse » est sorti en France en février dernier). Les deux Corbeaux d’argent vont à « Sauna » de Antti-Jussi Annila et au remake de « La dernière maison sur la gauche » signé Dennis Iliadis (le film, précédé un peu partout d’une fort bonne réputation, sort en France ce mercredi 22 avril).

Quant aux autres jurys, ils ont distingué les films suivants :

  • Le Pégase (prix décerné par les abonnés du festival) : « Sexy Killer » de Miguel Marti – sans surprise là non plus, car cette pastille acidulée, sanglante et déconneuse semble avoir été conçue tout spécialement pour enchanter le public du BIFFF.

  • Le Meliès d'Argent : « Sauna » de Antti-Jussi Annila. Mention spéciale : « Sexy Killer » de Miguel Marti.

  • Le prix du 7e Parallèle : « Dream » de Kim Ki-Duk (pas encore de sortie française prévue, mais les films de Kim Ki-Duk trouvent généralement un distributeur, ce n’est donc probablement qu’une question de temps). Mention spéciale à « 8th wonderland » de Jean Mach et Nicolas Alberny.

  • Et le tout nouveau prix du Meilleur Thriller : « The chaser » de Na Hong-Jin qui s’impose avec une totale évidence (le film est sorti en France en mars dernier). Mention spéciale méritée pour le comédien Brian Cox dans « Red » de Lucky McKee : ce beau film sur la notion de responsabilité souffre malheureusement d’une conclusion trop convenue, mais Brian Cox y est effectivement impeccable.


Encore quelques ajustements

Récapitulons : en 2007, le BIFFF investit un nouveau lieu, le Tour&Taxi, et se déplace aussi dans le temps, avril au lieu de mars traditionnellement. En 2008, grand regret, la section parallèle qui avait jusque-là lieu au cinéma Nova est rapatriée vers le site du T&T qui dispose alors de deux salles de projection. En 2009, il n’y a plus qu’une salle et ce n’est pas plus mal car le programme est suffisamment dense comme ça –soixante films en 11 jours, sans compter l’ouverture, la clôture et les séances de courts-métrages. Autre nouveauté de cette édition, la création de la compétition Thriller… Petit à petit le BIFFF redéfinit ses contours, mais le cœur, lui, reste intact.

Ce qui ne change pas

Au BIFFF, quelles que soient les circonstances, on peut compter sur le public, il se déplace toujours aussi volontiers et anime infatigablement l’immense salle à grands renforts de blagues et autres cris de ralliement récurrents. Public parfois impitoyable : le maître de cérémonie qui a pris la place de l’irremplaçable Jean-Paul l’an dernier en fait régulièrement les frais. Public passionné et inspiré : de ses rangs sort notamment Sacha Feiner qui, depuis trois ans, crée les modules diffusés au début de chaque séance –cette fois, Alysson Paradis y était l’hôtesse d’un protocole cinématographique particulièrement totalitaire. Un autre habitué du festival, Frédéric Moreau de Bellaing, présentait cette année le court-métrage « Tuer encore, jamais plus » co-réalisé et co-produit avec Moreno Boriani. Ce sympathique film pop et référentiel, tourné lors de la précédente édition du BIFFF, emprunte son titre à l’un des plus fameux gimmicks du festival. Créativité toujours : les expositions, les démonstrations de maquillage, les animations, le bal des vampires, etc. On en oublierait presque les films !

N’oublions pas les films

Comme les années précédentes, faute d’avoir pu tout voir, concentrons nous sur quelques titres saillants. Nous ne parlerons par exemple pas de « Star Trek », film événement de cette 27ème édition, complet plusieurs jours à l’avance, et dont la sortie française est annoncée pour le 6 mai prochain. Non, nous évoquerons plutôt deux belles surprises, des séances de minuit : l’une dont on n’attendait rien, l’autre dont on attendait beaucoup et qui n’a pas déçu. L’inattendue est une coproduction argentino-espagnole : « I’ll never die alone » d’Adrian Garcia Bogliano. Un rape and revenge au ralenti, flirtant avec l’abstraction par son rythme et son ambiance sonore très travaillée, inconfortablement concret par ailleurs –notamment lors de la longue scène de viol collectif. Les réactions des personnages déstabilisent, les scènes de violence sont fulgurantes, le cadre toujours très soigné : c’est à la fois esthétique et froidement viscéral. Autre coup de cœur, importé cette fois du Brésil : « Embodiment of evil » de l’inoxydable José Mojica Marins. Quarante-cinq ans après ses premières aventures dans « A minuit, j’emporterai ton âme », Zé do Caixao (Coffin Joe pour l’international) est toujours aussi fringant ! « Embodiment of evil », recycle et perpétue le mythe, préservant son charme pervers, sa folie consommée, son splendide mauvais goût. Une valeur sûre qui nous console de la contre-performance d’un autre metteur en scène admirable : « Missing » de Tsui Hark, une histoire d’amour et de fantômes interminable, au propre comme au figuré, qui aligne une fin derrière l’autre dans la plus totale confusion. Quelle déception. Mais globalement, les films sélectionnés cette année étaient plutôt engageants et si tous n’ont pas su garder leur public jusqu’au bout (« The stranger » de Jukka-Pekka Valkeapää a ainsi engendré un fort ennui, tandis que « Stoïc » de Uwe Boll a mis plus d’un cœur au bord des lèvres), rares étaient ceux réellement sans intérêt. 2009, bon cru.

Jenny Ulrich

Un très grand merci à toute l’équipe du BIFFF pour la qualité de son travail et de son accueil.


Video


Bande-annonce du film « Morse »

Liens

>> Bonus : Retrouvez très bientôt dans « Trash » un entretien avec Uwe Boll.
>> Site Web du BIFFF


Edité le : 22-04-09
Dernière mise à jour le : 22-04-09