Synopsis : Andriy Krystiyan émigré urkainien vit à Londres. En attendant de concrétiser son fantasme de devenir une « global superstardom » à la tête de son groupe punk les Gogol Bordello, il survit en tant que Maître SM déguisé en femme ou en habit militaire. Ses deux colocatrices subissent le même sort d’une existence insatisfaite : Juliette qui se projette dans l’idée de se vouer à la cause humanitaire en Afrique est pour l’instant derrière le comptoir d’une pharmacie et Holly qui rêve des planches du Royal Ballet ne connaît que la barre du Beechan’s Exotic Gentleman’s Club…
Le trailer du filmCritique : « Filth and Wisdom” film qui aurait pu rester anonyme dans le cadre d’une section marginale de la Berlinale suscite un intérêt à la mesure de la renommée de sa réalisatrice : Madonna, superstar internationale et néanmoins « like a virgin » concrétisant ici en fausse ingénue son premier long métrage. Rappeler que l’« Executive Woman » a depuis vingt ans assumé la mise en scène de ses shows musicaux à travers le monde, qu’elle ne compte pas moins de dix films en tant que productrice et vingt-deux en tant qu’actrice (tout demeurant quasi hystérique lorsqu’il s’agit de la gestion de son image) n’est certes pas inutile : la réalisatrice de « Filth and Wisdom » n’est pas un agneau. Madonna choisi ainsi la carte d’une fausse humilité pour ce film contrôlé de bout en bout, ou rien ne prête le flanc, ou rien ne dépasse dans l’étalage d’un « politiquement incorrect » prévisible et au fond bien lisse. Croire comme le laisse supposer Madonna, que seules des intentions plus ou moins heureuses suffisent à la réussite d’une œuvre est évidemment un leurre. Personne ne pourra ainsi reprocher à la réalisatrice d’avoir choisi par exemple de filmer à Londres, capitale dans laquelle elle vit, ni même de traiter du trajet laborieux de trois personnages en mal de reconnaissance comme elle en a connu un, ni même d’afficher sa décontraction face à des pratiques sexuelles délurées. Mais au-delà de certains moments de comédie joyeuse « Filth and Wisdom” est cruellement marqué par une absence de regard sur la ville et ses personnages, à l’image d’une Madonna paralysée par la confession qui ne prend le temps rien, ne cadre rien et se retranche derrière quelque phrases d’une morale aussi évidente qu’insignifiante : « la vie est comme une pièce de monnaie, d’un côté l’ombre, de l’autre la lumière. » Admettons qu’au cinéma, le spectateur reste encore dans l’attente du rayonnement de la Madone.
Olivier Bombarda







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La vie est comme une pièce de monnaie, d’un côté l’ombre, de l’autre la lumière
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