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Venise 2004 - 06/09/04

Finding Neverland

Un film de Marc Forster
Venise 2004 – Hors compétition

Synopsis : 1910. J.M. Barrie, auteur de pièces de théâtre en panne d’inspiration, rencontre par hasard lors d’une promenade dans un parc de Londres quatre jeunes garçons et leur mère, veuve depuis peu. Il se lie fortement d’amitié avec cette famille atypique malgré la désapprobation de sa femme et de la grand-mère des enfants. Au cours de longues après-midis de jeux, il imagine pour eux un autre monde peuplé de fées, où vit une tribu : les Enfants Perdus. Ceux-ci sont menacés par le Capitaine Crochet et guidés par un garçon sorcier qui ne veut jamais grandir : Peter Pan.

Critique : La sortie de cette biographie en couleurs, en costumes et en dollars de J.M. Barrie, l’auteur de Peter Pan est programmée en fin d’année, soit juste à temps pour participer à la course au oscars pour l’écurie Miramax aux côtés du nouveau Scorsese sur Howard Hugues « The Aviator », un autre « biopic » de luxe mais on l’espère d’une autre classe. Marc Forster avait déjà épaté la galerie il y a deux ans avec « Monster Ball » qui en avait fait une valeur montante à Hollywood. Les frères Weinstein lui ont donc donné carte blanche pour ce film avec un casting sur mesure : Johnny Depp dans le rôle de l’écrivain rêveur, Kate Winslet dans celui de la mère courage, Dustin Hoffman en directeur de théâtre cynique et Julie Christie en mégère acariâtre, plus des enfants évidemment parfaits et émouvants qui plairont beaucoup aux votants de l’Academy. Johnny Depp en jaquette impeccable ou en casquette british nonchalante joue l’excentrique anglais sagement sans cette folie douce qui rendait son Ed Wood suprêmement attachant.

Marc Forster tente maladroitement de montrer les rouages de l’imagination tortueuse de l’écrivain en images : un chien debout par un fondu enchaîné devient un ours qui danse dans un joli cirque de carton pâte. Une audience dubitative à la première d’une pièce de théâtre est subitement douchée par une pluie diluvienne imaginaire. Mais finalement ces effets ne fonctionnent qu’à demi sans convaincre. Reste le dépaysement pour les amateurs : Londres au début du siècle, la campagne anglaise en dentelles, des petits garçons en uniformes et des nannies dans Kensington Gardens. Tout ça respire la naphtaline, l’eau de Cologne et la petite tasse de thé de cinq heures. Ce mélodrame se clôt sur une vision du Neverland en au-delà hypothétique, sur le chagrin d’un orphelin qui se réfugie dans son imagination pour fuir la réalité. Un rêve vaut toujours mieux qu’une douleur. Soit. Dommage que le réalisateur ne laisse jamais ici la place au rêve.

Delphine Valloire

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Finding Neverland
(USA, 2004, 111 mn)
De Marc Forster
Avec Johnny Depp, Kate Winslet, Dustin Hoffman, Julie Christie
Venise 2004 – Hors compétition

Edité le : 06-09-04
Dernière mise à jour le : 06-09-04