Nakadi Touréa 3 enfants àcharge. Nakadi a ses papiers, elle travaille de temps à autre et attend d'être relogée grâce àla loi Dalo. Pourtant, depuis son arrivée en France en 2001, elle va de taudis en hôtels insalubres avec ses enfants. En 9 ans, Nakadi a déménagé20 fois et sa chambre lui coûte 3000 euros par mois. Nakadi est désespérée : "Regarde les cafards. Et le bébé, parfois, va prendre le cafard pour le manger. Et le bébé, je le lave là. Ça fait 16 mois qu'on a ce problème. Et quand les toilettes d'en haut sont bouchées, l'eau coule sur les matelas. Donc, on ne peut pas dormir avec les enfants. Ça ne va pas du tout. On dort tous dans ces lits superposés, les deux petits avec moi en bas, et Oumar, le plus grand de mes enfants, en haut".

Nouvel Obs : La Fondation Abbé Pierre alerte sur la situation des enfants mal-logés ou SDF

Le mal-logement a des répercutions grave sur la santé des enfants. A 5 ans, Oumar est asthmatique et souffre de saturnisme. Des conditions difficiles qui ne favorisent pas son comportement en classe : il est généralement agité et n'aime pas jouer avec les autres enfants. Aujourd'hui Nakadi se sent très seule. Son mari a préférépartir vivre en Espagne. Sans ressources, vivant dans 20m2 humides avec ses trois garçons, elle est épuisée : "Je ne dors pas, je dois prendre des médicaments. C'est àcause du logement. Ça fait une semaine que je ne dors pas. Franchement, c'est pas facile. Si on n'est pas aidé, ça ne va pas aller. On a des enfants. Il faut avoir pitiéde nous. Il faut penser qu'on a des enfants ici".
La Fondation AbbéPierre tire la sonnette d'alarme et se déclare inquiète de la situation des 600 000 enfants mal logés. Christophe Robert, directeur adjoint de la Fondation précise : "Quand on a 10 millions de personnes qui sont fragilisées, àdes degrés divers, par la crise du logement, il faut avoir en tête que derrière c'est autant de situations familiales qui subissent cette violence sociale. Ça a un impact, on le voit quand on recueille le témoignage des enfants sur leur vie sociale. Par exemple des parents disent àleurs enfants de ne pas inviter ou refusent des invitations de copains par ce qu'ils ne sont pas en capacitéde rendre ces invitations. Parce que leur logement est dangereux, ils ont peur de faire du mal àl'enfant. Ils ont aussi honte de l'habitat dans lequel ils vivent".







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