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ARTE Journal - 18 janvier 2010 - 19/01/10

France : quel avenir pour les pêcheurs ?

A Bruxelles, les Ministres de l'Agriculture et de la Pêche planchent sur une réforme des quotas de pêche. Mais une nouvelle réduction de pêche serait aussi la garantie de nouveaux mouvements de protestations. Les pêcheurs qui sont déjà soumis à bon nombre de directives européennes, peinent déjà à joindre les deux bouts. Focus sur une profession de plus en plus exangue : Carolin Ollivier a suivi une matinée de pêche à Boulogne-sur-Mer. Reportage

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Il est trois heures du matin, le mercure est largement en dessous de zéro. Pascal Delplace va relever ses filets dans la Manche, à quelques miles de la côte. En général, le butin varie entre plusieurs dizaines et centaines de kilos de sole. On ne sait jamais si la pêche sera bonne. Mais Pascal se sent bien dans son bateau : "Quand il fait beau, on est bien en mer, je veux dire on respire l'air pur quoi ! Il y a que ça" affirme Pascal. "J'aime bien ce metier parce que ça fait 25 ans que je fais ça, on a tout le temps fait ça dans la famille. J'espère qu'on peut durer aussi longtemps qu'on peut - jusqu'à la retraite".

Mais pour Pascal Delplace et ses trois hommes d'équipage, les perspectives d'avenir sont plutôt sombres. Chaque année, l'Union européenne réduit les quotas. Cette année et l'an dernier, ils ont respectivement été diminués de 20% pour la sole. L'étau se resserre et Pascal Delplace a du mal à joindre les deux bouts. Pascal précise : "Si ça baisse encore, ça sera fini pour nous. On ne pourra plus y aller, on ne pourra plus ramener de poisson, donc ça servira plus à rien." Aujourd'hui, la pêche est moyenne : des soles, des cabillauds et quelques crabes. Chaque prise est notée avec soin et le détail est envoyé aux autorités françaises et à Bruxelles. Car les contrôles sont sévères. La moindre entorse se solde par une amende. Et lorsque les pêcheurs ont atteint leur quota, ils n'ont plus le droit de pêcher. "Si au mois de septembre on a rempli notre quota, en octobre, novembre, décembre, je reste à la maison", explique le pêcheur Vincent Danger. "Et c'est zéro rentrée d'argent. Je pense qui'l faut bien gérer quand même. Qu'on nous laisse travailler un petit peu quoi !".

Bruxelles veut protéger les stocks de poissons. Mais Pascal Delplace estime en avoir déjà assez fait : il a réduit son quota, raccourci ses filets et aggrandi les mailles pour laisser échapper les petits poissons. Mais ceux qui causent le plus de tort sont les gros navires qui pratiquent la pêche intensive. "Ce qu'il ya c'est qu'ils ramassent beaucoup plus de petits poissons que nous .Nous, on ramasse du poisson de qualité, tandis qu'eux, ils ramassent tout, ils ramassent tout." affirme Pascal.

Vers midi, retour au port. C'est l'heure de vérité : la pesée chez le grossiste. Aujourd'hui, la prise se monte à 100 kilos de sole, soit 1200 euros pour cette petite entreprise. Dans le commerce, ce poisson de choix coûtera au moins le triple. Trop cher selon Pascal Delplace : " C'est pas pour nous, on ne le mange pas, pas maintenant. Quand ils sont un peu moins chers, on le prend tout le temps, on le mange. Mais pour l'instant, quand le poisson est bien vendu, on ne le mange pas. On mange le poisson, d'autres poissons, sauf la sole." Comme tous les jours, il repartira en mer à 3 heures du matin... jusqu'a qu'il ait atteint son quota...

Carolin Ollivier

Edité le : 18-01-10
Dernière mise à jour le : 19-01-10


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