20/04/04
Francis Bacon, comme vous ne l'avez jamais vu !
L'exposition " Francis Bacon et la tradition de l'art " présentée actuellement à la Fondation Beyeler de Bâle, repose sur un concept original. L'artiste britannique disparu en 1992, unanimement considéré comme l'un des plus grands maîtres de la peinture de la fin du XXè siècle même s'il en est l'un des plus inaccessibles, y est présenté sous un jour totalement inédit. L'exposition s'attache aux sources d'inspiration du peintre britannique, en présentant des œuvres qui n'avaient jamais été exposées dans un tel contexte : des toiles du Titien, de Vélasquez et de Rembrandt, des peintures des XIXe et XXe siècles, dont il a fait des variations, mais aussi des oeuvres documentaires et des photographies.
La spécificité de l'exposition apparaît dès que l'on pénètre dans la première salle : au fond, on aperçoit la célèbre étude réalisée par Bacon en 1963 à partir du portrait du pape Innocent X de Vélasquez, placé à côté de l'original du Titien (1551/62) ; à droite de la salle, on découvre un extrait sur grand écran du film "Cuirassé du Potemkine" d'Eisenstein, qui a inspiré Bacon pour peindre le cri dans le portrait du pape. C'est la première fois que livres, reproductions et dessins de Bacon retrouvés dans son atelier de Londres et aujourd'hui reconstruit intégralement à la Hugh Lane Municipal Gallery of Modern Art de Dublin, sont prêtés à l'occasion d'une exposition. Bacon ne s'est pas seulement inspiré de la peinture, de la sculpture et du dessin, mais aussi d'éléments visuels puisés dans le quotidien, tels que la publicité, les photographies d'animaux et les études du corps (par exemple des photos de sportifs et polaroïds de ses amis). Il vouait littéralement une fascination aux images représentant quelque chose de particulier, d'insolite ou de terrible.
La confrontation des toiles de Bacon avec les œuvres de grands maîtres et des objets provenant de l'atelier de l'artiste permet de mieux comprendre sa démarche et sa fascination quasi-obsessionnelle pour certains peintres.
L'exposition est bien plus qu'une rétrospective. En sortant, on a envie de dire : "Bacon, alors je ne l'ai encore jamais vu comme ça". Nous avons interviewé Barbara Steffen, commissaire de l'exposition, et Christoph Vitali, directeur de la Fondation Beyeler, sur le concept de cette manifestation. Si vous souhaitez davantage d'informations sur Francis Bacon, reportez-vous aux rubriques "liens" et "biographie". Et n'hésitez pas à participer à notre quiz, qui vous permettra peut-être de gagner des livres sur cet artiste inclassable et des posters !
Sabine Lange
Edité le : 20-04-04
Dernière mise à jour le : 20-04-04