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"The War"

La Seconde Guerre mondiale vue par les Américains : une guerre, que nous pensons connaître par cœur, observée sous un tout autre angle.

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"The War"

La Seconde Guerre mondiale vue par les Américains : une guerre, que nous pensons connaître par cœur, observée sous un tout autre angle.

"The War"

08/02/10

Fraternisations

Acte II : La seconde campagne de France (juin 1944-1945)


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Le choc que les Français ressentent à la vue des troupes américaines suscita, bien souvent, des contacts, fugaces ou prolongés, avec l’autre monde. Mêlée d’une curiosité réciproque, cette fraternisation resta limitée, quand les troupes ne firent, au sens propre, que passer, expérience vécue par Florence Servais qui à l’époque demeurait en Lorraine :

Je suis née en Lorraine en 1939. Nous avons vécu la guerre dans des conditions difficiles, bien sûr. Mon père était prisonnier en Allemagne. Il est rentré, je crois, en avril 1945. Je ne le connaissais pas. Mon frère, mon aîné de 2 ans n'en avait aucun souvenir. Nous habitions au nord de la Lorraine à la frontière de la Belgique et du Luxembourg dans une petite ille qui s'appelle "Rehon". Mais nous allions parfois en vacances à quelques 100 kilomètres de là, à coté de Nançy, à Pompey. Nous voyions passer des trains de soldats américains qui partaient vers l'Allemagne. La guerre était terminée mais nous étions fascinés par ces soldats et quoique enfants, très conscients de ce qu'ils nous avaient apportés. Et nous ne manquions pas de les saluer en agitant nos bras.

Un jour, un sac de papier est venu s'écraser à nos pieds. Il contenait 2 petits pains ronds comme on en consomme parfois aujourd'hui notamment au petit-déjeuner. Pour deux enfants qui n'avaient jamais connu que des miches de gros pain gris à la mie collante, c'était un magnifique cadeau et nous l'avons rapporté émerveillés pour le montrer à maman et à nos cousins. Aujourd'hui encore, l'image des soldats américains, l'image même des Etats-Unis reste associée à ce geste de générosité.


Mais en règle générale, la première rencontre, moins brève, provoque des discussions – parfois bridées par la barrière de la langue – et des échanges de photographies :

« Les Américains sont sur la Nationale !» le bruit court à travers le village. Nous nous méfions un peu : les Allemands en retraite n’étaient pas très loin quelques jours plus tôt. Mais dès la confirmation nous courons, mon jeune frère et moi, à toutes jambes par le chemin le plus court jusqu’à la Nationale à quelques 5 Km. Nous arrivons à l’entrée de Montchauvrot. Une troupe est là mais une fraction de seconde notre sang se glace : qui sont ces soldats ? Depuis quatre ans nous ne savons rien des alliés et ne connaissons pas leurs tenues. Ces uniformes, ces casques, ce teint bronzé tel celui des soldats de Rommel que nous avons vu dans la presse collabo, ce mot de « Trinkwasser » inscrit sur un camion-citerne nous surprennent. Mais non, bien sûr ce ne sont pas des Allemands ! Aussitôt le sang circule à nouveau et bout de joie dans nos veines.

Toute une colonne de tanks américains est stationnée à l’orée de ce village traversé par la Nationale Lyon-Strasbourg. Là où nous venons de déboucher il y a un char Sherman avec son équipage. Aussitôt la conversation s’engage. Maman, qui nous a rejoints, est quasiment bilingue et moi, 16 ans, je ne me débrouille pas trop mal. Eux sont heureux de rencontrer des Français qui parlent l’anglais. Sans forfanterie, mais sans timidité, à l’américaine, ils disent leur débarquement en Provence il y a un mois. Les pertes qu’ils ont subies. L’ami intime, de la même ville, resté sur le carreau. Ils nous disent qui ils sont, où ils vivent, quel est leur métier. Ils nous racontent les nouveautés de l’Amérique : les dernières productions d’avant la guerre, les voitures, les climatiseurs, etc. Mais actuellement toute la production des USA est dédiée à l’armement.

Nous prenons des photos, ce sont de belles photos, prises sous un soleil magnifique, tout le monde est jeune et a l’air heureux. Maman qui n’a que 43 ans fait très bonne figure avec un jeune couple que nous connaissons. Nous parlons des derniers films de Hollywood. Justement le chef de char, grand et plutôt beau gars a une certaine ressemblance avec Clark Gable. Nous en rions. Lui accepte le compliment avec modestie. Ils sont tous propres et nets. Ils pourraient sortir d’une Buick et non d’un tank. Ils nous disent bivouaquer là pour un jour ou deux et sont fatigués de leurs conserves et rations K. Avec le camion-atelier de leur unité je leur propose d’aller à Passenans, le village où nous nous sommes réfugiés des misères de Paris et où je sais trouver du pain, du lait et du fromage. Le chauffeur-mécanicien est enchanté et nous partons aussitôt.

L’arrivée de ce premier camion américain est le grand évènement pour ceux qui sont restés au village! Le G. I. n’a aucune difficulté pour acheter ce qu’il était venu chercher. Puis en partant il époustouflera tous les badauds en empruntant avec son GMC une rue du village si pentue qu’elle est réputée impraticable aux voitures. Dès la première difficulté il passe une vitesse « botte secrète », j’apprendrai que cela s’appelle le crabotage, et l’obstacle est avalé !


De même, chaque sexe - à sa façon – accomplit ses apprentissages, que décrit Pierre Morin, habitant alors à Dijon :

Comme tous les étudiants et lycéens, cet hiver fut l'occasion des premières leçons d'anglais américain. Les garçons, nous découvrions les premières photos de pin-up dans les hebdomadaires que nous donnaient les soldats américains. Les filles, la séduction made in USA...


Surtout, la population, heureuse d’être libérée, s’efforça de bien accueillir les troupes, voire de les aider – dans la mesure de ses moyens. Tel fut le cas de Colette Gilles dont les parents tenaient une boulangerie dans un petit village du Jura :

Le jour où les Américains sont arrivés, mes parents nous avaient envoyés mon frère et moi à 2 km de Bletterans, car des bruits couraient que les Allemands, en se retirant, allaient traverser le village et tout le monde avait peur. Seuls les adultes devaient rester. Nous étions donc chez mon oncle et ma tante qui tenaient un café. Nous étions en train de manger quand qu'un a aperçu un véhicule avec des soldats. Tout le monde s'est caché, puis un un peu plus courageux a crié "c'est les Américains!!!!!" Alors tout le monde est sorti et les grands sont allés chercher du vin et des verres.

Ensuite, nous sommes rentrés chez nous et à partir du lendemain et pendant de nombreux jours, les chars sont arrivés. Mon père qui était boulanger faisait du pain autant qu'il le pouvait et nous nous mettions sur le bord du trottoir pour passer le pain aux soldats qui étaient ravis. Ils se sont installés très longtemps sous le champ de foire et le soir, nous allions les voir. Ils nous donnaient du chocolat, du chewing-gum, parfois du corned-beef et du café en poudre. Des choses merveilleuses que nous ne connaissions pas.
Beaucoup venaient à la boulangerie mais la plupart n'avaient pas d'argent et payaient avec ce qu'ils avaient. Souvent, ma mère donnait le pain ou les rares confiseries qu'elle avait sans compensation. Nous étions trop contents d'être enfin libres.


De même, la famille de Michel Thorreau offrit spontanément à des soldats de quoi se laver, toilette qui se prolongea par un dîner fraternel :

Septembre 1944.
Depuis un mois, Paris est libre. Leclerc et la deuxième DB sont entrés les premiers dans la Capitale, suivie par De gaulle et par des régiments américains qui stationnent pour quelques jours dans la région parisienne avant de reprendre la route de reconquête de l’Est.
Du haut de mes quatre ans, je n’ai pas compris tout ce qui se passait autour de mois dans cette période de liesse, mais une chose était sûre, les gens semblaient fous de la joie retrouvée. À Clichy la Garenne, aux portes de Paris mes parents habitent un petit appartement au quatrième étage. Mon père, policier et résistant de longue date, revient un soir accompagné. Derrière lui deux grands GI's. Je suis petit et ils m’apparaissent très grands. Leurs visages, ravagés par une barbe de plusieurs jours et leurs yeux rougis, leurs donnent un air inquiétant ;, mais ils sont souriants et n’ont pas l’air terribles !

En fait, ils souhaitent faire une toilette, car la précédente doit remonter à plusieurs jours. Dans notre 35 m2, il n’y a pas de salle de bain, pas même de douche, et les pauvres garçons doivent se contenter de l’évier de la cuisine, pour faire leurs ablutions. Pendant ce temps, je découvre de la fenêtre de la chambre, un camion GMC garé dans la rue qui attire la curiosité des voisins. Je me souviens de cette grosse étoile blanche peinte sur le capot. En fait il s’agit du camion de nos deux soldats.

Peu de temps après, rasés et rafraîchis, l’un d’eux descend et remonte les bras chargés de merveilles : Je découvre des boîtes de conserve d’un vert kaki qui, miracle, contiennent des tranches d’ananas ! Des petits paquets avec une flèche verte sur un emballage aluminium : des chewing-gums. D’autres paquets plats contiennent du chocolat et enfin des boîtes de « Corned beef ».

Je ne pouvais pas comprendre que ces victuailles que nous avons partagées avec eux représentaient tout ce dont tout le monde avait manqué pendant quatre longues années. Nous dînons ensemble ; ils ne parlent pas français et mes parents ne parlent pas anglais. C’est un dîner joyeux ponctué de gestes et de rires. A travers les regards et les sourires, tout est dit : Nous nous comprenons.
Puis nos deux héros ont regagné leur camion pour y passer la nuit ; ils ont dormi à l’arrière et la bâche étant repliée, j’ai pu leur faire des signes de ma fenêtre, alors qu’ils se glissaient dans leur sac de couchage.

Le lendemain, ils avaient disparu. Comment s’appelaient-ils ? D’où venaient-ils ? de quel Etat ? La langue et la brièveté de cette rencontre, nous ont empêchés d’en savoir plus.
Souvenir éclair d’enfance marqué à jamais dans ma mémoire.


D’autres entendirent s’engager, en se plaçant au service de l’US Army, à l’instar de Daniel Chauvin, qui servit dans un hôpital de campagne :

En Octobre 1944, un mois après notre libération dans le Jura, je me porte volontaire pour faire du brancardage dans un hôpital de campagne américain. Cette unité est débordée par les blessés et mourants qui arrivent en grand nombre du front où il y a eu de rudes combats du côté de Belfort. L’hôpital a fait appel aux villages avoisinants pour que des hommes leur soient envoyés en aide. De Passenans nous sommes une vingtaine à faire à pied les quinze kilomètres qui nous séparent du champ dans lequel l’hôpital s’est installé, à peu de distance de Poligny. Arrivés tard, en fin de journée, toute la nuit nous transportons les blessés vers la salle d’opération et les ramenons ensuite dans leur tente en pataugeant dans une boue abominable.

Si l’été 44 a été celui d’une grande sécheresse et d’une grande chaleur, dès fin septembre il s’est mis à tomber des trombes d’eau. En dehors du bloc opératoire et de l’intérieur des tentes ce n’est que boue et puanteur. Nous pataugeons littéralement à chaque pas, bien attentifs à ne pas faire tomber notre précieuse charge, d’autant que la nuit, il y a très peu d’éclairage extérieur. Les ambulances qui vont et viennent malaxent à plaisir le terrain déjà rendu meuble par nature. Je découvre que cette boue, tellement malaxée, a une forte odeur de putréfaction proche de ces relents que nous sentons venir de la tente qui sert de morgue. Dans la grande tente du bloc opératoire par contre ce sont les odeurs de désinfectants et de chloroforme qui prédominent. Il y règne un éclairage puissant prodigué par les groupes électrogènes qu’on entend tourner à longueur de journée dans un coin du camp.

Dans cette tente il y a en permanence huit chirurgiens qui opèrent sans discontinuer et autant d’anesthésistes. Je compatis à la souffrance des blessés que je viens d’apporter. Je compte avec eux lorsqu’on les endort : « one, two, three …», cela va rarement au-delà de « twenty ». Je vois que les plaies sont désinfectées, les brûlures soignées et les blessures recousues. Je m’inquiète de les voir parfois amputés. Je suis heureux que des vies soient sauvées même si ce n’est pas toujours dans leur intégrité. J’ai un grand sentiment d’efficacité et d’organisation bien rodée. Tout se fait, malgré la situation de l’hôpital en plein champ, avec un maximum d’hygiène. J’avais une grande peur de la vue du sang et des chairs à vif mais tout est tellement sous contrôle que cela ne génère aucun malaise. Tout se fait dans le calme, nul ordre qui claque, nul cri. Chaque table d’opération est continuellement en service après nettoyage et désinfection. Nous savons toujours qui nous devons aller chercher et dans quelle tente. Nous, les brancardiers, n’arrêtons pas d’aller et venir, et le chef-infirmier du bloc se préoccupe souvent de savoir si nous n’avons pas faim. Le cas échéant il nous procure des biscuits extraits des rations K.

Ceux que je brancarde sont parfois dans le coma mais parfois aussi plutôt guillerets. Certains pleurent en silence et d’autres blaguent jusqu’à la table d’opération. Certains encore ne cessent de nous poser des questions alors que d’autres ruminent leur malheur, sachant qu’ils ont de grands risques d’être amputés. La grande majorité d’entre eux sont Américains mais il y a quelques Allemands et aussi deux ou trois Français, des civils pris dans les combats ou victimes de vengeances allemandes. Tous, bien sûr, reçoivent les mêmes soins. Souvent les Allemands blessés sentent fortement la chair putride. Ne voulant pas être fait prisonniers ils ont erré longtemps dans les bois avant d’être pris et ont développé de sérieuses gangrènes. En général ils sont calmes et fatalistes mais j’ai vu un officier qui était un bloc de fierté blessée et de haine et qui contre toute logique proclamait, en français, qu’on allait le tuer. Quelle expérience avait-il vécu dans l’armée allemande ?

Au matin les hommes du village rentrent chez eux. Moi, encore jeune et peu aguerri (je n’ai que seize ans et suis peu habitué à l’effort physique) je suis mort de fatigue et me couche dans un coin. Je suis tellement heureux de me sentir enfin utile que je resterai dans cet hôpital jusqu’à son départ dix jours plus tard.


Expérience inoubliable puisqu’à la joie d’aider les libérateurs s’ajouta le plaisir de la découverte, encore que certaines surprises fussent plutôt désagréables. Ainsi à l’hôpital de Poligny, où Daniel Chauvin ne dissimule pas ses étonnements :

Je suis donc un des brancardiers volontaires dans cet hôpital de campagne américain qui, installé vers Poligny dans le Jura, avait demandé de l’aide. Ce travail et l’atmosphère d’efficacité et de décontraction que je trouve dans ce camp me plaisent énormément et je suis très fier, moi qui n’ai que 16 ans, de me rendre enfin utile. L’aide avait été demandée pour une nuit mais j’y resterai une dizaine de jours. L’absence de formalisme, la simplicité et la convivialité des Américains aidant je me sens parfaitement à l’aise parmi eux. Je suis un G.I. comme un autre qui, de jour ou de nuit selon mon équipe, emmène les blessés au bloc opératoire puis les ramène dans leur tente.

Je me lie avec d’autres G.I.'s : comme notamment avec un comptable de Los Angeles qui est administratif, ici, dans cet hôpital, et qui me montre les photos qu’il reçoit de chez lui. Ou comme avec ce conducteur d’ambulance fou qui voulait absolument parier avec moi qu’il pouvait à 70 miles à l’heure percuter un arbre de la Nationale à l’aide de son camion. Il ne prend pas beaucoup de risques avec mes capacités financières ! Je bavarde avec d’autres soldats encore, amis d’un instant.

Comme les G. I.'s je vais chercher mes repas à la cantine avec mon plateau-assiette en alu. Un plateau avec des cases délimitées où les cuisiniers déposent case par case les différents composants du repas, de l’entrée au dessert, avec souvent un mot gentil ou une blague à mon égard. Après avoir mangé on se dirige vers une dizaine d’énormes bidons d’eau. En commençant par celui où l’eau est la plus chaude (et la plus sale) on trempe son plateau dans chaque bidon jusqu’à celui où l’eau est toute propre. Je suis admiratif de tant de simplicité et d’efficacité !
Comme les G.I.'s je dors dans une tente de la troupe où on m’a alloué des couvertures et un lit de camp.
Comme les G. I.'s je vais aux toilettes communes. Dans l’armée américaine pas de feuillées mais une grande tente réservée à cet usage. A l’intérieur de la tente pas de cloisons ! Horreur ! Des toilettes collectives ! Chacun s’assoit sur le banc qui fait la longueur de la tente à peu près et qui, environ tous les mètres, est percé de trous. Les militaires qui sont là à déféquer sont en grandes discussions entre eux ! La première fois je n’ai rien pu faire ! Après on s’habitue.

Je suis très fier de la responsabilité qu’on m’accorde sans chichis. Personne n’est responsable de moi mais tous m’épaulent le cas échéant. Personne, de tout ce séjour, ne me fait la moindre remarque. En dehors de mon travail de brancardier je fais ce que je veux. Surtout je me familiarise avec les « comics », et lis le « Star and Stripes » le journal de l’armée. A seize ans je sors enfin de l’enfance. Sans être très liés, car il a trois ou quatre ans de plus que moi, je discute parfois avec un jeune français qui travaille également dans l’hôpital. Un peu perdu par les évènements qui lui sont arrivés, n’ayant plus de famille, plus de toit ni de point de chute, il a décidé de suivre l’hôpital lors de son prochain déplacement. Je suis tellement emballé par cette vie que je décide d’adopter son exemple en restant également dans l’hôpital lors de son départ. Ma mère, que j’ai fait prévenir, est venue me voir à l’hôpital et s’est arrangée pour avoir le soutient d’un des commandants. Tous les deux insistent longuement mais sans user ni d’autorité ni de chantage pour que je ne mette pas mes intentions à exécution. Finalement l’officier saura se faire très convainquant. Il fait valoir que mon père, dont nous ne connaissons pas le sort et se trouvant au STO en Allemagne, je ne pouvais raisonnablement laisser ma mère se débrouiller seule pour rentrer chez nous à Paris. Je me rends à cette évidence et verrai donc avec beaucoup de regrets quelques jours plus tard l’hôpital déménager en une demi-journée et mes copains américains partir.

Un des derniers à partir est mon ami comptable. Je lui demande son adresse. Il me l’écrit en vitesse sur un coin de boue séchée. J’en suis choqué. Mais dans le fond il a raison : je ne lui aurais probablement jamais écrit, nos amitiés n’étaient que circonstancielles.





Acte deux : la seconde campagne de France (juin 1944-1945)
- Compréhensions rétrospectives

Edité le : 14-04-08
Dernière mise à jour le : 08-02-10


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