Crammed discs | craw 34 | sortie : octobre 2006
Rien n'est plus évocateur des fascinantes étendues du Sahara que la musique de Tartit, un groupe Touareg composé de 5 femmes et 4 hommes vivant dans la région de Tombouctou. Tartit joue une musique hypnotique, qui mène à la transe : les femmes, assises, chantent et jouent des rythmes cycliques sur leurs tambours tandis que les hommes chantent et jouent d'instruments à cordes, acoustiques et électriques. Les hommes sont voilés, les femmes ne le sont pas. La société touareg est l'une des seules en Afrique à permettre aux femmes de choisir leur mari (et d'en divorcer). C'est dans un camp de réfugiés que s'est formé le groupe lors des soulèvement touaregs du début des années 90. Tartit a fait plusieurs tournées en Europe, la plus récente dans le cadre des spectacles "Desert Blues". L'album a été enregistré à Bamako et dans la partie malienne du Sahara par Vincent Kenis, le producteur de la série Congotronics.
Invités:Afel Bocoum: chant, guitare (5).
Oumar Diallo: basse (1,5).
Alpha Oumar Sankaré: calebasse(1,5).
Alhassan Hamadoun Sarre: violon njarka (5).
Yoro Cissé: njurkle (5).
Mamadou Ousmane Kelly: guitare (5).
Nasser: basse (2,9).
Ehat: guitare (2,9).
Kimi: violon imzad (13).
Tinalbaraka et les femmes des campements de Tinaguimine, Gargando, Dag Aljoumaat et Tinlokiane: chant (3, 8).
Réalisé par Vincent Kenis & Michel Winter
Enregistré dans le désert autour de Gargando (régio de Tombouctou) et au CCF à Bamako.
Mixé par Vincent Kenis au Studio XXL, Bruxelles
Tracklisting1. Tabey Tarate
2. Ansari
3. Eha Ehenia
4. Al Jahalat
5. Achachore I Chachare Akale
6. Chargouba
7. Assinaina
8. Tihou Beyatene
9. Houmeissa
10. Abacabok
11. Al Afete
12. Tadsaq
13. Inbahwa
Explication des chansons1. Tabey Tarate: une pièce qui accompagne un genre de danse à caractère sportif, pratiquée uniquement par les hommes. Les paroles les encouragent à rivaliser de force et d'élégance.
2. Ansari: c'est le nom de la tribu à laquelle appartient Tartit.
3. Eha Ehenia: cette chanson décrit une femme qui ne fait pas honneur à son foyer: elle accueille mal les étrangers, et même sa belle-famille…
4. Al Jahalat: contre l'ignorance. "Hé les filles, l'heure est venue, il nous faut laisser l'ignorance derrière nous. Les gens comptent les étoiles pendan t que nous sommes à la traîne, occupées à fabriquer des cordes pour attacher nos animaux".
5. Achachore I Chachare Akale: "Hier, j'étais couché sous un arbre quand j'entendis un son qui me chuchota: la misère est en train de détruire la terre, et la mort peut te surprendre à tout moment". Ne soyons jamais sûrs de rien, ni du bonheur ni du malheur: les choses peuvent changer à tout moment.
6. Chargouba: chez nous, pour être un homme riche, il faut posséder au mojns cent vaches, comme Ali et Hamta, les personnages de cette chanson.
7. Assinaina: une chanson pour l'union de tous les Touaregs. L'union fait la force, et la vraie indépendance est économique. Seul le travail libère l'homme.
8. Tihou Beyatene: les voix du désert … deux sœurs encouragent leur frère, qui a parcouru de grandes distances pour trouver des pâturages pour son troupeau.
9. Houmeissa: je salue cette fille blanche qui porte son voile indigo et son houmeissa autour du cou.
10. Abacabok: quand notre arrière-arrière-arrière grand-père Hawalane, qui était un soufi, décida d'arrêter de se nourrir et se retira du campement, le griot de la famille partit à sa recherche. L'aïeul offrit au griot la moitié de ses biens pour qu'il ne joue pas, mais le griot refusa et se mit à jouer sa musique. Le vieillard se mit à trembler, et revint aussitôt vers sa famille. La musique peut véritablement produire des miracles…
11. Al Afete: une prière pour la paix
12. Tadsaq: une chanson sur les bienfaits des liens familiaux traditionnels (tasdaq signifie "union"), qui sont menacés par les progrès du matérialisme dans la société touareg d'aujourd'hui.
13. Inbahwa: le plus vieux morceau du répertoire, exécuté sur le violon monocorde appelé imzad, l'instrument emblématique des Touaregs, qu'autrefois seules les femmes issues de familles nobles avaient le droit de jouer.






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