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A 67 ans, Marie Sizun publie son deuxième roman, deux ans après le premier, "Le père de la petite". Après trente ans d'exil, elle a commencé une nouvelle vie à Paris. Une vie d'écrivain. Et c'est naturellement qu'elle s'est replongée dans son enfance. "D'abord, dit-elle, je crois que je n'en suis jamais sortie tout à fait c'est-à-dire que j'ai beaucoup de facilités à retrouver des impressions d'enfance. Je n'ai jamais vu de clivages véritables entre les âges, c'est la même personne, qui change bien sûr, qui est complètement différente naturellement aux yeux des autres mais intérieurement c'est la même.""La femme de l'Allemand", c'est l'histoire d'une petite fille. Une petite fille que l'auteur tutoie. Un double sans en être un. Une petite fille dont la mère maniaco-dépressive sombre dans la folie. C'est le quotidien, dans le Paris de l'après-guerre, de cette mère et de son enfant, fait de moments de grâce, d'amour et de terreur. L'auteur a eu elle aussi une mère maniaco-dépressive. Mais elle a inventé à son personnage un autre passé. La petite fille du roman a été conçue pendant la guerre, avec un officier allemand. Fanny, la mère, est l'une de ces femmes tondues à la libération. Ces femmes au turban que Marie Sizun a vu dans son enfance.
"Evidemment pour un enfant, explique-t-elle, c'était quelque chose d'intriguant, d'inquiétant et très rapidement d'ailleurs de façon un petit peu malsaine peut-être, extrêmement intéressant et romanesque."

Le livre"La femme de l'Allemand" de Marie Sizun
aux Editions Arléa
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