ARTE Journal - 18 janvier 2010 - 20/01/10
Haïti : Léogane, ville martyre
Située à 30 km à l'ouest de Port-au-Prince, Leogane était une ville paisible de 130.000 habitants. Aujourd'hui, c'est un monceau de ruines. Près de 90% des bâtiments sont détruits. La famille Lissade a perdu sa maison construite, il y a près de 100 ans.
"Je suis né dans cette maison et j'ai passé toute ma vie, donc toute l'histoire de ma vie s'est écroulée" explique Rodrigue Lissade. Cette famille campe dans la rue et, pour l'instant, elle n'a reçu aucune aide. Clarelle Lissade est exténuée : " On ne m'a rien donné. A Léogane, on ne m'a rien donné ! Il y a des morts là, qui sont morts là. Ça sent mauvais ici aussi. On ne peut pas dormir, c'est dans la rue qu'on dort".
A Léogane pour l'instant, il n'y a eu qu'une seule distribution de nourriture du Programme Alimentaire Mondial. Les secours se concentrent sur la capitale. Ici, les rescapés se sentent abandonnés, pourtant leurs besoins sont immenses. Comme à Port-au-Prince, des camps de fortune de plus en plus insalubres ont été montés à la va-vite, comme dans le stade de la ville. Les hôpitaux sont à terre. C'est une misérable tente qui sert de centre de soins d'urgence. L'un des médecins, Edly Tranchant explique : "Il n'y a plus de médicaments, plus de matériaux, il n'y a plus rien. On n'a rien pour se servir. Il n'y a rien du tout, se plaint une patiente. Vous êtes obligés de fouiller les pharmarcies. Pour avoir quelque chose, mais il n'y a plus".
Devant les stations d'essence de la ville, comme dans tout Haiti, les queues sont interminables. L'essence manque, les prix ont flambé, à près de 2€ le litre. Avec cette pénurie, les villes de province comme Léogane se sentent de plus en plus isolées.
Un reportage de Hérade Feist, Wissam Charaf
Edité le : 18-01-10
Dernière mise à jour le : 20-01-10