
- Où est passé l'argent des dons ? Décryptage (Article à consulter sur Lenouvelliste.com, quotidien haïtien)
- Le bourbier haïtien, un an après le tremblement de terre (Article du Youphil.com)

Et qui dit malheur et épidémie, dit aides internationales. Au lendemain du séisme, les ONG étaient plus de 1000 à débarquer à Port-au-Prince dans un chaos total. L'élan de générosité internationale a donné un espoir à ce pays qui vivait déjà sous perfusion humanitaire, avec les trois quarts de sa population au chômage et dix milliards de budget provenant de dons et des bailleurs internationaux.
Deux ans plus tard, Haïti n'est pas prête à se passer de l'aide des associations humanitaires, qui fournissent aux sinistrés des secours que l'Etat s'avère toujours incapable d'apporter. Le Ministre de la Planification et de la Coopération du nouveau gouvernement Martelly, Hervey Day, chargé de la supervision des ONG admet clairement que ces «institutions internationales répondent à un déficit étatique. «Nous ne sommes pas encore prêts à remplacer les ONG, mais il faut toutefois redéfinir le cadre de fonctionnement de ces institutions et corriger leur prolifération.» Un voeu malheureusement pieux pour ce pays exposé aux catastrophes naturelles, où la moitié de la population vit avec moins de deux dollars par jour.
L'aide internationale en chiffres Le 31 mars 2010 à New York, la communauté internationale (55 bailleurs nationaux ou multilatéraux) s’est engagée en faveur d’Haïti à hauteur de 10 milliards de dollars sur une longue période, dont 5,57 milliards de dollars sur deux ans, ce dernier chiffre incluant 1,11 milliards d’annulation de dettes. Pour l’année 2010, les engagements pris par ces mêmes donateurs pour la reconstruction d’Haïti se montaient à 2,01 milliards de dollars, en excluant les annulations de dettes. |
La MINUSTAH Les Nations Unies ont commencé à intervenir en Haïti dès 1990, d'abord à la demande du gouvernement provisoire. Mais comme le pays oscille entre coups d'états et dictatures, la mission de l'ONU rempile. Devenue la MINUSTAH, elle est touchée en plein coeur lors du tremblement de terre. Ses bâtiments s'effondrent, tuant 102 membres de son personnel. Cela ne l'empêche pas d'assurer, aux côtés des ONG, la sécurisation de la distribution de l’assistance humanitaire à 4,3 millions d'Haïtiens et d'aider à fournir des abris provisoires à 1,5 million de personnes. Mais cette aide ne changera pas l'image déplorable que la MINUSTAH a auprès de la population. Dire qu'elle n'a pas bonne presse est un euphémisme. La population haïtienne l'a notamment accusée d'avoir transmis le choléra à la population. |
L'engagement de la France La France a décaissé près de trois quarts de son aide bilatérale (326 millions) et travaille sur la reconstruction de deux quartiers et d'un hôpital de Port-au-Prince, en coopération avec l'Union européenne et les Etats-Unis. Les ONG françaises (Fondation de France, ATD Quart Monde, Action contre la Faim, Handicap International, La Croix-Rouge française, Médecins du Monde, Médecins sans Frontières...) travaillent sur une vingtaine de projets concernant encore l'aide d'urgence (aide médicale, matérielle et assainissement). Les autres projets sont consacrés à la relance économique, à la reconstruction (notamment d'écoles) et à l'accès aux services (éducation et formation principalement). |







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