Son adolescence dans les Jeunesses Hitlériennes
En 1933, Hans Scholl avait 14 ans à l'arrivée au pouvoir de Hitler. Il ne fut d'abord pas insensible aux paroles du nouveau chancelier allemand, et s'engagea activement dans les Jeunesses Hitlériennes jusqu'en 1936. Dans son livre La Rose Blanche (1), Inge Scholl, sœur de Hans et Sophie Scholl, expliqua cet engouement pour le Führer ainsi : " On commença à nous parler de patrie, de camaraderie, de communauté populaire et d’amour du pays. Ces notions s'imposaient à nous et nous écoutions, enthousiasmés, ce qu’on en disait à l’école ou dans la rue. Car nous aimions beaucoup notre pays […]. La patrie, n’était-ce pas l’ensemble des hommes parlant la même langue et appartenant au même peuple ? Nous l’aimions, sans savoir dire pourquoi […]. Nous apprenions que Hitler voulait apporter à l’Allemagne la grandeur et le bien-être qui lui manquaient. Il entendait procurer à chacun du pain et du travail, en donnant à tout Allemand l’indépendance, la liberté et le bonheur. Ce programme nous plaisait, et nous voulions consacrer toutes nos forces à le réaliser. Autre chose nous séduisit, qui revêtait pour nous une puissance mystérieuse : la jeunesse défilant en rangs serrés, drapeaux flottants, au son des roulements de tambour et des chants. Cette communauté n’avait-elle pas quelque chose d’invincible ? Quoi d’étonnant à ce que Hans, Sophie, et nous tous, nous trouvions bientôt engagés dans la Jeunesse Hitlérienne ? " (1) (p. 22-23).
Mais assez vite, Hans découvrit la réalité nazie. Désillusionné et répugné, il fit part à ses parents dans une lettre sa déception et son choix de prendre ses distances avec le national-socialisme, en rompant notamment son engagement avec les Jeunesses Hitlériennes. Sa décision fut grandement encouragée par ses parents qui étaient profondément hostiles au régime. Dès l'arrivée de Hitler au pouvoir, le père de Hans, Robert Scholl, ne cessait en effet de critiquer avec véhémence le national-socialisme. Mais ses arguments ne trouvèrent pas écho auprès de ses enfants.La rupture avec le national-socialisme
La rupture avec le national-socialisme fut complète. Après avoir quitté les Jeunesses Hitlériennes, Hans Scholl opta en 1938 pour des études de médecine à Munich, notamment pour éviter de devenir un soldat à la merci de Hitler. Pour y voir plus clair, pour comprendre, pour se comprendre, il se mit à enrichir ses lectures en s'intéressant plus particulièrement aux philosophes anciens tels Socrate ou Platon, mais également aux paroles de l’Ecriture Sainte. Surtout, la question d'entrer dans la Résistance ne cessa de le tarauder : était-ce de son devoir d'entrer dans la Résistance ? Etait-il en mesure de résister ?
La Rose Blanche
Tout commença au printemps 1942. Hans Scholl fit connaissance de deux autres étudiants en médecine: Alexander Schmorell, fils d’un médecin de Munich, et Christoph Probst, déjà marié et père de famille. Ensemble, ils décidèrent d'appeler à la résistance contre le régime. Un quatrième étudiant en médecine, Willi Graf, les rejoignit, ainsi que Sophie, sa sœur, venue elle aussi à Munich pour étudier la biologie et la philosophie, et le professeur de philosophie Kurt Huber de l’université de Munich. Ces cinq personnes allaient constituer le noyau dur de la Rose blanche.
En quinze jours, ils rédigèrent et diffusèrent quatre tracts, signés la Rose blanche. Ces textes s’adressaient surtout aux autres étudiants de l’université de Munich, les invitant à une réflexion sur les valeurs et à la révolte contre l’Etat qui les bafouait. Plus largement, cette incitation s’adressait aux intellectuels, comme en témoignait le recours aux classiques de la bourgeoisie cultivée, tel Goethe. Les tracts furent diffusés de manière artisanale (distribués de main à la main, adressés par la poste, mis dans des boîtes aux lettres…), surtout par Hans Scholl et Schmorell, aidés de Sophie, de Probst et d’une amie de Hans, Traute Lafrenz. En juillet 1942, Hans Scholl, Alexander Schmorell et Willi Graf furent incorporés dans la Wehrmacht en tant qu'étudiants en médecine. A leur retour, ils poursuivirent leur résistance. Le cinquième tract fut rédigé pendant l'hiver 42-43, au paroxysme de la bataille de Stalingrad. Il fut distribué à des milliers d'exemplaires dans plusieurs grandes villes. Le 18 février 1943, Hans Scholl et sa sœur Sophie lancèrent une centaine d'exemplaires du sixième tract dans la cour intérieure de l’université de Munich.
Mais ils furent dénoncés par le concierge et arrêtés par la Gestapo. Le procès
Lors du procès devant le « Volksgerichtshof » (« Tribunal du Peuple »), Hans et Sophie Scholl ne renièrent rien. Hans, un jour avant d'être décapité, déclara même au juge Roland Freisler, chef-accusateur nazi : « Dans quelque temps, c'est vous qui serez à notre place ». Il fut condamné à mort le 22 février 1943 à Munich et exécuté le même jour, tout comme Christoph Probst. Il fut guillotiné juste après sa soeur dans la prison de Stadelheim, près de Munich.
(1) La Rose blanche (Broché) de Inge Scholl, Editions de Minuit, 1 janvier 1962, ISBN-10: 2707302600, ISBN-13: 978-2707302601

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