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Berlinale 2009

Du 05 au 15 février, retrouvez toute l'actualité de ce prestigieux festival du film dans notre dossier.

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Berlinale 2009

Berlinale 2009 - Compétition officielle - 13/02/09

Happy Tears

Un film de Mitchell Lichtenstein


( note Arte: 2.5 ) Onirisme, légère déprime et petites contrariétés : une comédie parfois laborieuse, mais plaisamment roublarde.

  • Interview de Demi Moore

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Synopsis : Après avoir tenté d’esquiver la situation, Jayne (Parker Posey) se résout à rejoindre sa sœur aînée Laura (Demi Moore) au domicile de leur père Joe (Rip Torn). Jayne et Laura ont grandi dans cette maison qui désormais s’étiole doucement : Joe devient dépendant et il est assisté de Shelly (Ellen Barkin), une junkie qu’il est le seul à prendre pour une nurse. De querelles en câlins, le trio cohabite de façon anarchique et joue inévitablement la partie à deux contre un, même si les rôles s’intervertissent.

Critique : Mitchell Lichtenstein aime le cinéma de genre. « Teeth », son coup d’essai, l’a vu conjuguer avec succès le teenage movie et le film de super héros : une adolescente impopulaire découvrait la présence de dents dans son vagin, un pouvoir qu’elle vivait d’abord mal, mais qui lui permettait ensuite de prendre sa revanche sur ses arrogants camarades de classe, jusqu’à ce qu’elle en abuse. Bien qu’aimablement éparpillé, « Happy Tears » appartient à un genre plus verrouillé : les retrouvailles en famille, une étape incontournable dans la carrière d’un cinéaste américain affilié au circuit indépendant.

Qu’attendre dans ce cas d’une prise de bec entre Parker Posey, shopaholic sculpturale, perdue dans ses rêves et mariée à un névrosé, Demi Moore, mère de famille pragmatique, et Rip Torn, vieil ours incontinent ? Quelques traits d’humour, autant de traits d’esprit, plusieurs coups de griffe et deux ou trois caresses. Ou si vous préférez : une scène de repas chahutée, une plus calme dans la chambre à coucher, une autre située dans une brocante, une suivante où la fumette s’assortit d’une crise d’hilarité, une dernière à propos d’une chasse au trésor, sans oublier un accident de voiture et… le tour est joué ! Mitchell Lichtenstein a le goût des vignettes, disposées dans un scénario très écrit. Sa mise en scène a plus de mal à prendre de l’ampleur, nonobstant la modestie des enjeux, la restriction du cadre domestique à quelques personnages et le souci permanent de dédramatiser.

Happy Tears
De Mitchell Lichtenstein
(2009, USA, 1h35)
Avec Parker Posey, Demi Moore, Rip Torn, Ellen Barkin…
Compétition
Heureusement, Parker Posey grimace à qui mieux mieux, montre comme à l’accoutumée ses dents blanches et restaure son statut de « it girl » fondé sur son étrange minois. Demi Moore joue quant à elle de ses épaules toujours solides, dissimulées sous une chemise à carreaux. La première campe une paumée qui a longtemps idéalisé son père, l’autre une force de la nature qui s’est échinée à affronter la réalité et se révèle moins complaisante envers le géniteur. Toutes deux sont au service d’un scénario qui veille au moins à retomber sur ses pattes, ce qui concourt à offrir la meilleure idée du film, visuelle cette fois, lors de la séquence finale. Et pour ceux qui n’aiment pas les actrices américaines qui exploitent leur quarantaine, il reste les toiles du grand Cy Twombly dévoilées à certains moments du film et dont le caractère accompli alterne avec le foutoir poussiéreux du vieux Joe dans sa maison de Pittsburg.

Julien Welter
En un clin d'œil, consultez la notation des journalistes ARTE de tous les films en compétition.

Edité le : 02-02-09
Dernière mise à jour le : 13-02-09