Critique : Mitchell Lichtenstein aime le cinéma de genre. « Teeth », son coup d’essai, l’a vu conjuguer avec succès le teenage movie et le film de super héros : une adolescente impopulaire découvrait la présence de dents dans son vagin, un pouvoir qu’elle vivait d’abord mal, mais qui lui permettait ensuite de prendre sa revanche sur ses arrogants camarades de classe, jusqu’à ce qu’elle en abuse. Bien qu’aimablement éparpillé, « Happy Tears » appartient à un genre plus verrouillé : les retrouvailles en famille, une étape incontournable dans la carrière d’un cinéaste américain affilié au circuit indépendant.
Qu’attendre dans ce cas d’une prise de bec entre Parker Posey, shopaholic sculpturale, perdue dans ses rêves et mariée à un névrosé, Demi Moore, mère de famille pragmatique, et Rip Torn, vieil ours incontinent ? Quelques traits d’humour, autant de traits d’esprit, plusieurs coups de griffe et deux ou trois caresses. Ou si vous préférez : une scène de repas chahutée, une plus calme dans la chambre à coucher, une autre située dans une brocante, une suivante où la fumette s’assortit d’une crise d’hilarité, une dernière à propos d’une chasse au trésor, sans oublier un accident de voiture et… le tour est joué ! Mitchell Lichtenstein a le goût des vignettes, disposées dans un scénario très écrit. Sa mise en scène a plus de mal à prendre de l’ampleur, nonobstant la modestie des enjeux, la restriction du cadre domestique à quelques personnages et le souci permanent de dédramatiser.

De Mitchell Lichtenstein
(2009, USA, 1h35)
Avec Parker Posey, Demi Moore, Rip Torn, Ellen Barkin…
Compétition

Julien Welter







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