Avec Fusako Urabe, Ryuzo Tanaka, Takayuki Kato…
Compétition
Synopsis : Partie bénévolement en Irak afin d’aider le peuple et les enfants irakiens, Yuko a été retenue en otage, puis libérée. De retour chez elle, au Japon, elle doit subir le discrédit de tous, proches ou inconnus. Ces derniers ne comprennent pas son engagement, critiquent l’importance médiatique de son calvaire et lui reprochent d’avoir impliqué le gouvernement japonais dans une affaire qui ne concerne pas directement la nation. A ce titre, ils l’accusent d’égoïsme et d’irresponsabilité. Elle perd son travail, est harcelée au téléphone et dans la rue, parfois même physiquement…
Galerie photos
L'interview avec Masahiro KobayashiCritique : On n’attendait pas grand-chose de Kobayashi Masahiro, dont on avait découvert « Koroshi », il y a plusieurs années de cela à Cannes, dans une section parallèle. Ce film de yakuzas, laborieux et très second degré, révélait un cinéaste aux ambitions limitées et au geste plutôt désinvolte. Son nouveau film, « Bashing », semblait même ne devoir sa présence en compétition qu’à la connivence de son sujet avec l’actuel drame irakien, du souci des civils pris entre deux feux à la captivité prolongée des otages internationaux.
Il est désormais possible de balayer cet a priori. « Bashing » dévoile le calvaire d’une jeune bénévole comme un exemplaire drame social et éthique. Kobayashi s’attache presque exclusivement au personnage de Yuko. Son physique de femme-enfant rend d’autant plus dérangeant l’hostilité dont elle est victime, tout comme il ramène de manière intelligente les problèmes sociétaux et politiques complexes des affaire d’otages au souci des enfants et de l’innocence, les premières victimes de la guerre. Yuko ne révèle-t-elle pas à ses congénères incrédules et réprobatrices l’importance cruciale du sourire des enfants irakiens dans son périple humanitaire, au cours d’une scène particulièrement cruelle, où elle s’explique sans même être regardée par ses anciennes amies devenues des mamans ?
La réussite de « Bashing » repose effectivement sur une façon simple et franche d’aborder les étapes de ce véritable Golgotha en évitant les écueils de la démonstration et du voyeurisme. Modeste, le film n’en parvient pas moins à ses objectifs. Il filme avec attention la figure tragique de Yuko, plutôt que d’en faire un personnage stéréotypé, voire une sainte. Ce faisant, la progression dramatique se densifie, se crédibilise et se clarifie, malgré la distance séparant le spectateur occidental des codes de fonctionnement de la culture japonaise, et plus particulièrement le sens de la communauté et celui de l’abnégation.
Julien Welter
------------------
Harcèlement
(Bashing)
De Masahiro Kobayashi
(Japon, 2004, 82 min.)
Avec Fusako Urabe, Ryuzo Tanaka, Takayuki Kato…






Envoyer à un ami
Le difficile retour au pays d’une jeune japonaise détenue comme otage en Irak, à travers un drame dont le traitement modeste est exemplaire.
RSS
Facebook
Twitter