(Mémoires, traduction de Jean Bourdeau 1884)Heine, le caméléon. On ne peut le classer dans aucune époque littéraire : Heine, le défenseur des Lumières, ou bien Heine le romantique, qui écrit sur l’amour, les rêves, la nostalgie. Il est né au carrefour des XVIIIe et XIXe siècles, deux périodes complètement différentes sur le plan des idées et de la société. Heine fut contemporain et témoin d’une double révolution : la bourgeoisie se libérant du joug féodal, et la révolution industrielle. Il assista aux progrès techniques comme à la détresse sociale qui s’en suivit.
Son époque a fait de lui ce qu’il a été : un lyrique à la légèreté stylistique, un journaliste critique, polémique, satirique. Etant l’un des premiers écrivains de métier, il tenta de vivre de ses écrits sans compromettre ses idéaux artistiques, un numéro d’équilibriste qu’il sut maîtriser.
En outre, il oscilla entre la France et l’Allemagne, ce qui lui fit dire : « Mon mariage avec notre chère Dame Germanie, cette blonde se prélassant sur sa peau d’ours, ne fut jamais un mariage heureux, » ce qui le mena à Paris, « la Jérusalem de la liberté. »
Heinrich en Allemagne, Henri en France, autant admiré que craint : Heine.
Henri :Un Voltaire pittoresque et sentimental, un sceptique du XVIIIe siècle, argenté par les doux rayons bleus du clair de lune allemand.
Gérard de Nerval (1848)
C'est le plus charmant des mauvais esprit.
Eugène Lerminier (1852)
M. Henri Heine, un poète francais qui a la bizarre manie de vouloir se faire passer pour Allemand.
In der Zeitschrift Charivari (1854)
Métis unique et merveilleux de l'esprit francais et de la rêverie allemande.
Paul de Saint-Victor (1854)
M. Henri Heine est un génie éminnement tendre, nuancé des plus ravissantes et (dans le sens religieux) des plus divines mélancolies, chez qui le sourire et même le rire trempent dans les larmes et les larmes se rosent de sang ...
Jules Barbey d'Aurévilly (1855)
Jamais nature ne fut composée d'éléments plus divers que celle de Henri Heine; il était à la fois gai et triste, sceptique et croyant, tendre et cruel, sentimental et persifleur, classique et romantique, Allemand et Francais, délicat et cynique, enthousiaste et plein de sang-froid; tout, excepté ennuyeux.
Théophile Gautier (1856)
....que notre pauvre France n'a que fort peu de poètes, et qu'elle n'en a pas un seul à opposer à Henri Heine ... Il n'est pas un seul des fragments d'Henri Heine que vous citez qui ne soit infiniment supérieur à toutes les bergerades ou berquinades que vous admirez.
Charles Baudelaire (1865)
Heinrich :« Les responsables politiques gagneraient beaucoup à s’inspirer de Heine. Il s’est évertué à jeter des ponts entre les Hommes, les cultures et les pays. »
Richard von Weizäcker (1984-1994 Président de la RFA) 1996
« Il reste toujours simple, et seul ce qui est simple à comprendre est agréable à entendre. C’est un Hegel sous la forme d’un refrain populaire. »
Peter Hacks (dramaturge, lyrique, conteur et essayiste allemand) 1985
« Parce que ses observations ne se faisaient pas dans un carcan idéologique mais par les verres d’un télescope, plus distant et plus précis, il demeure aujourd’hui encore l’un des juges les plus avisés des événements politiques de son époque. »
Hannah Arendt (philosophe, essayiste et chercheuse juive d’origine allemande) 1948
« Il est le précurseur de l’Homme moderne. »
Heinrich Mann, (écrivain allemand) 1929
« Ces messieurs oublieraient-ils complètement que Heine est un poète dont seul Goethe est au même niveau ? »
Otto von Bismarck (Fondateur et premier chancelier du deuxième Reich allemand) 1890
« Quel talent ! Et quel garnement ! »
Theodor Mommsen (historien allemand) 1888
« Il possédait cette divine méchanceté sans laquelle je ne saurais imaginer la perfection. Et comme il maîtrisait l’allemand ! On dira un jour que Heine et moi auront été de loin les premiers artistes de la langue allemande. »
Friedrich Nietzsche (philosophe et philologue classique allemand) 1888
« Le plus remarquable de tous les poètes allemands actuels. »
Friedrich Engels (Homme politique et philosophe) 1844
Source :Der Zweck des Lebens ist das Leben selbst.
Heinrich Heine. Eine Biografie
Jan Christoph Hauschild, Michael Werner
Zweitausendeins, 2005
ISBN: 3861507390






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