Critique : On gardait un piètre souvenir de « Marlene » (2000), un biopic statique et trop richement doté signé du surestimé Joseph Vilsmaier. Celui consacré à Hilde change un peu la donne. Le succès écrasant de « La Môme » d’Olivier Dahan, présenté en ouverture de la Berlinale en 2007, n’a pu qu’être pris en compte. Le parcours digne d’un tour sur les montagnes russes et les nombreuses contradictions qui constituent la personnalité de Hildegard Knef comme artiste et comme personne sont donc la promesse d’un film au moins aussi savoureux que les coups de gueule pour lesquels la star était notoire.

De Kai Wessel
(2009, Allemagne, 2h09)
Avec Heike Makatsch, Dan Stevens, Monica Bleibtreu, Hanns Zischler…
Berlinale Special

Sa vie, on le sait, fut un roman, la dame en signa pas moins de sept. De 1943 à 1966, Hildegard Knef est tour à tour une starlette lorsque le régime nazi commence à chanceler, une étoile montante et repentie dans la deuxième moitié des années 1940, une vedette expatriée à Hollywood où elle végète sous contrat, un objet de scandale lors de la sortie de « Die Sünderin » (l’équivalent d’ « Et dieu créa la femme » en Allemagne), une actrice internationale dans la première moitié des années 1950, une trentenaire célèbre qui assiste au déclin de sa carrière cinématographique cinq ans après et, enfin, une quadragénaire qui trouve dans le chant sa vérité, son équilibre et l’occasion de s’imposer définitivement.
Si la mise en scène de Kai Wessel n’est pas vraiment à la hauteur d’un tel programme, elle contribue d’autant mieux à mettre en valeur, de part son manque d’éclat, celui indiscutable de son héroïne. « The Knef » n’avait pas son pareil pour faire frissonner l’échine da la société allemande, que ce soit pour lui parler tendrement au creux de l’oreille ou pour la remuer férocement et la mettre face à ses hypocrisies. Au diapason, ce biopic ne se contente pas de célébrer les neuf vies d’une femme batailleuse. Il évoque de manière équivalente et sans trop de nuance l’arrivisme et les caprices d’une diva. Quant aux stricts mélomanes, ils seront avertis : ce biopic se conclue lorsque s’envole la carrière musicale de Hildegard Knef. Il laisse donc peu de place aux tours de chant.
Julien Welter







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