Taille du texte: + -
Accueil > Echappées culturelles > Cultures Electroniques > Performances > "I'll be your mirror" de Cécile Babiole et Blandine Pinon

Cultures Electroniques

elektra exit 2010 trabsmediale Sk-interfaces Orlan Shift Nancy Happy Cube Day Ars Stelarc Stimuline 3Dkids varusschlacht Elektra dorkbot paris douglas repetto (...)

Cultures Electroniques

20/10/08

"I'll be your mirror" de Cécile Babiole et Blandine Pinon

Dans leur nouveau spectacle "I'll be your mirror" Cécile Babiole accompagnée de la danseuse-chorégraphe Blandine Pinon passent en revue l'histoire des jeux vidéo et des univers virtuels, de Pong à Second Life, interrogeant ainsi la porosité entre monde virtuel et monde réel.

  • "I'll be your mirror" de Cécile Babiole et Blandine Pinon

Previous imageNext image

Sur scène : un écran, un carré dessiné au scotch blanc sur le sol et une danseuse à la démarche étrangement familière. Cambrée, les gestes répétitifs et quelque peu rigides, Blandine Pinon semble rebondir sur les parois invisibles d'un cube alors qu'apparaît son avatar sur l'écran. Bienvenue dans un étrange "magic mirror" où vont s'enchaîner pendant une cinquantaine de minutes des scénettes inspirées des jeux vidéos 8 bits, d'éléments d'univers virtuels et des images d'avatars dansant en 3D, le tout dessiné et animé par l'artiste Cécile Babiole. La danseuse réagit à ses doubles ou joue avec les environnements ludiques projetés, le tout accompagné d'une musique électronique, rappelant tour à tour les carrousels pour enfants ou les jeux de consoles.


Un ensorcelant manège qui au-delà de la nostalgie, devient poétique, sensible et plein d'humour. La danseuse bogue, interfère dans le jeu, dans une suite de petits clins d'oeil qui la rappellent à sa réalité physique.
La danse, tour à tour écrite et improvisée, met en lumière les restrictions physiques de notre anatomie. Alors que des personnages en 3D se lancent dans un ballet digne d'un Tsui Hark, la danseuse devient chef d'orchestre, rappelant que l'apesanteur, la malléabilité totale des membres restent bel et bien le privilège des figures fabriquées de pixels. "Ce terrain reste peu exploré dans le domaine de la danse contemporaine, nous explique Cécile Babiole, alors que les mouvements robotiques, l'idée de "rewind" (retour rapide) et de ralenti ont trouvé une déclinaison dans des danses comme le hip hop."


Un challenge donc, qui au-delà du corps va aussi s'intéresser à l'impact qu'ont ces univers sur notre comportement de citoyen : "A une époque où un Arnold Schwarzenegger - héros de film de science-fiction comme Terminator - peut devenir gouverneur de la Californie, il est intéressant de s'interroger sur l'influence que le monde du divertissement exerce sur notre quotidien".
Si nous sommes habitués aux making-of de films d'animation où des comédiens bardés de capteurs se lancent dans un vide imaginaire avant de réaliser des roulades improbables, le contraire (qu'un danseur mime un personnage virtuel) nous renvoie à tout autre chose. Il nous fait réfléchir aux multiples "réflexes" qui émanent du virtuel et que nous avons, plus ou moins volontairement, intégrés dans notre système de pensée. "De nos jours les témoins d'un accident pensent plus souvent à sortir leur téléphone portable pour filmer la scène et la mettre sur le net plutôt qu'à venir en aide au blessé", un fait qu'interroge Cécile Babiole avec humour dans "I'll be your mirror".


Le spectacle a été présenté mardi 14 octobre 2008 à la Filature de Mulhouse.

Edité le : 14-10-08
Dernière mise à jour le : 20-10-08