Pour Harold Fine, grand trentenaire un tantinet névrosé, tout va bien ; trop bien, même : fils de la bonne société juive de Los Angeles, il dispose d'une situation stable dans un cabinet d'avocats, d'une mère aimante, pour ne pas dire envahissante, et d'une secrétaire/petite amie à la libido et à l'humeur fiévreuses, qui ne songe qu'à le traîner devant l'autel. Les obsèques d'un ami de la famille l'obligent à renouer avec son drop-out de frérot, dont il a du mal à comprendre la vie dissipée, les valeurs ésotériques et les codes vestimentaires. Celui-ci remorque dans son sillage la jeune et craquante Nancy, perpétuellement souriante et court-vêtue, qui ne se formalise de rien. Envoûté par tant de nonchalance, Harold décide de tout plaquer pour seconder Nancy dans sa croisade contestataire...Space cake familial
Promener la mine perpétuellement décalée de Peter Sellers dans la période hippie, l'affubler d'une mère et d'une fiancée hystériques puis d'un van psychédélique et de la panoplie complète du parfait beatnik, on comprend que l'idée ait tenté Hy Averback. Cette mécanique burlesque fonctionne à merveille d'autant que le film ne s'interdit rien : ni la famille américaine bon teint qu'on gave de space cake (autrement dit, d'"Alice B. Toklas", cordon-bleu compagne de Gertrude Stein, censée avoir inventé le gâteau planant), ni les hippies qui, au nom de l'esprit communautaire, s'invitent tout habillés dans votre bain. Le chaos va croissant autour de Peter Sellers, drolatique de bout en bout de cette extravagante farce, son appartement finissant par devenir le théâtre d'une gigantesque fête hippie, qui rappelle les délicieux égarements de The party.






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