Les groupes de Manchester ont toujours chamboulé la scène musicale anglaise. En 1989, les Stones Roses réinventent le rock’n’roll. A base de rythmiques ultra cool inspirées des clubs rave et de mélodies harmonieuses sur fond de guitare sixties, ils produisent de la pop 100 % authentique. Et en guise d’innovation, ils nous sortent un leader qui donne l’impression de chanter avec une poubelle en guise de porte voix.Le fort de Ian, c’est le « cool », ce flegme inné chez les rockeurs britanniques, comme Liam Gallagher ou Richard Ashcroft. Mais quand les Roses travaillent en studio, voilà à quoi ça ressemble : leur goût immodéré pour la java et pour le dieu pétard est sans aucun doute la raison qui explique que leur deuxième album ne sortira qu’en 1994, pas moins de 5 ans après le premier. Or, dans l’univers hystérique du business de la pop, 5 ans, c’est une éternité. Avec cette chanson, Ian Brown a parfaitement saisi l’un des moteurs du pop-circus : « I want to be adored – je veux qu’on m’adore ».
Si 1989 marque un tournant pour la musique pop, au niveau mondial, c’est le grand chambardement. Nelson Mandela est libéré, le mur de Berlin s’effondre, un vent de liberté balaie la planète Terre. Mais le rêve d’un monde meilleur éclate comme une bulle de savon. Les fans de Stone Roses sont déçus, eux aussi. Leur groupe fétiche se fait rare et ne sort plus rien. Des rumeurs courent, selon lesquelles les Stone Roses se gavent de bière et d’herbe, devant des matches de foot, au lieu d’aller bosser en studio.
Ian Brown, fils d’ouvrier, est l’un des rois de Manchester. Il a réussi ce dont personne ne l’aurait cru capable : continuer à vendre des albums après la fin des Stone Roses. Quatre de ses cinq albums solo sont arrivés dans le top ten des charts anglais. Manchester adore Ian Brown et Ian Brown adore Manchester United. Aujourd’hui encore, au stade, les fans de Man-U reprennent parfois des chansons des Roses. Mais Ian Brown a également influencé pas mal de rockeurs britanniques, comme Oasis, The Verve ou Blur.
Contrairement à Noel Gallagher, qui estime que l’engagement politique, c’est « de la merde et du temps perdu », Ian Brown a toujours eu une âme de militant pacifiste. Pas étonnant quand on sait que son livre de chevet, c’est la bible et que ses maîtres à penser s’appellent John Lennon et Bob Marley. Son morceau « Ilegal Attacks », de son nouvel album, est un vigoureux coup de pied au cul du gouvernement britannique.
Avec les années, Ian Brown est resté lui-même. Ses opinions, il les dit haut et fort. Sa voix, par contre, ne s’est pas arrangée. Et au niveau jeu de scène, c’est toujours aussi minimaliste. Et qui sait, si un jour les Stone Roses venaient à lui manquer, cela aboutira peut-être à un troisième album.
Liens
>> Site officiel de Ian Brown
Ecouter Ian Brown (MySpace Player)
>> Ian Brown sur nme.com

Album
The world is yours (2007) de Ian Brown
chez Polydor







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