Cinéma sur ARTE - 28/11/11
Il Divo
Film de Paolo Sorrentino (Italie/France, 2008, 1h53mn)
Avec : Toni Servillo (Giulio Andreotti), Anna Bonaiuto (Livia Danese), Piera Degli Espositi (Mme Enea), Paolo Graziosi (Aldo Moro), Giulio Bosetti (Eugenio Scalfari), Flavio Bucci (Franco Evangelisti), Carlo Buccirosso (Paolo Cirino Pomicino), Alberto Cracco (don Mario), Giorgio Colangeli (Salvo Lima)
Scénario : Paolo Sorrentino, Image : Luca Bigazzi, Montage : Cristiano Travaglioli, Musique : Teho Teardo, Coproduction : Babe Films, Studio Canal, ARTE France Cinéma, Indigo, Lucky Red, Parco Film
Un portrait à charge de Giulio Andreotti, âme damnée de la politique italienne, incarné par le stupéfiant Toni Servillo. Une mise en scène éblouissante et baroque de la tragicomédie du pouvoir.
Rome, début des années 1990. Levé bien avant le jour, en proie à sa migraine chronique, l'onorevole démocrate-chrétien Andreotti, sénateur et vingt-cinq fois ministre, s'apprête à prendre pour la septième fois la tête du gouvernement italien. Seul dans la nuit, avant sa visite quotidienne à l'église, il se remémore quelques-unes des célèbres morts violentes qui ont marqué sa carrière : Mino Pecorelli, journaliste, assassiné en 1979, un an après Aldo Moro, trois avant le général des carabiniers Dalla Chiesa, treize avant Giovanni Falcone... Lui, "il Divo" (le divin), alias "le Pape noir", "l'Inoxydable", "le Bossu", "Belzébuth", il leur a survécu à tous. Mais il est vrai aussi qu'on l'accuse "d'à peu près tout, sauf des guerres puniques contre Hannibal."
Dès les premières minutes, le parti-pris gonflé de Paolo Sorrentino nous explose à la figure : au plan de la voiture dynamitée du juge Falcone se juxtapose en contreplongée celui de deux cachets d'aspirine jetés dans deux verres par le fascinant héros narrateur. Avec tous les moyens du cinéma, ce qu'il y a de plus caché, de plus sombre, de plus tortueux dans la politique italienne - avec son secret de Polichinelle : ses liens avec la Mafia - va se donner en grand spectacle, s'exhiber en pleine lumière. Avec une inventivité baroque toujours renouvelée, de séquences à couper le souffle en scènes d'anthologie, dans des flots d'effets visuels et de musiques grandioses. La profusion pourrait lasser, n'était la composition virtuose de Tony Servillo, qui se livre avec jubilation à son rôle de lèse-majesté. Le film, qui explore des faits sinon réels, du moins très vraisemblables (après l'opération "Mains propres" qui l'a chassé du pouvoir, c'est la prescription qui a sauvé Andreotti d'une lourde condamnation), n'aurait arraché au principal intéressé que l'une de ses célèbres maximes pince-sans-rire :"En politique, mieux vaut être critiqué qu'ignoré."
Il Divo
lundi, 12 décembre 2011 à 14:45
Pas de rediffusion
(Italie, 2008, 112mn, VM)
ARTE F
Edité le : Mon Nov 21 11:42:58 CET 2011
Dernière mise à jour le : Mon Nov 28 09:14:07 CET 2011