Conscients des causes de cette pression migratoire, les États européens ont tenté de mettre en place un contrôle accru aux frontières de l’Union, dans le cadre de la mise en oeuvre de l’espace Schengen, à partir de 1995 et en se dotant, en 2004, d’une agence chargée de la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures : FRONTEX. De plus, l’UE apporte désormais son assistance à des pays limitrophes comme l’Ukraine, la Libye, le Maroc… pour maintenir sur leurs territoires les candidats à l’immigration irrégulière. Ces dispositifs contraignants à l’égard de l’immigration sauvage visent malheureusement davantage les individus sans défense que les passeurs ou les réseaux mafieux qui se cachent derrière eux.
Qu’ils soient aujourd’hui en première ligne face au Sud, comme l’Espagne et l’Italie, légèrement en retrait comme la France, l’Allemagne et la Suède, grands profiteurs de l’ouverture de leur marché du travail aux émigrés de l’Est, comme le Royaume-Uni et l’Irlande, tous les États membres, ont pour priorité de contrôler les flux migratoires légaux, y compris la Pologne et la Roumanie , devenus des pays d’émigration. Ce, afin de maîtriser les aspects économiques de l’émigration et de l’immigration mais aussi leurs aspects humains qui remettent en cause des équilibres antérieurs au sein de nos sociétés et touchent à l’identité nationale. D’où la nécessité de mettre en place des politiques réalistes, au plan national et européen, qui permettent la régularisation des sans papiers sans créer d’appel d’air et favorisent l’intégration de ceux qui le désirent. Sans alimenter le mépris, la peur, le racisme et la xénophobie, toujours prêts à resurgir dans les périodes de tensions et de crises, malgré le travail souvent admirable fait par les travailleurs sociaux sur le terrain.
On peut regretter les mesures restrictives prises ces dernières années par les anciens États membres, à l’exception notable de la Suède, du Royaume-Uni et de l’Irlande à l’égard des nouveaux États membres, qui visaient notamment la Pologne. (La Roumanie aujourd’hui s’attend à un tour de vis, même de la part de la Grande-Bretagne et de l’Italie). Mais il faut rappeler que ces mesures ont été prises à titre temporaire et que nos voisins auront droit, à terme, de circuler librement au sein de l’espace Schengen, comme tous les autres citoyens de l’Union.
POUR ALLER PLUS LOIN
- La politique européenne en matière d’immigration
• La toile de fond rappelée à grands traits sur le site Europa
• À propos de l’espace Schengen, qui garantit la libre circulation des travailleurs, certains États membres signataires de l’accord ont cependant adopté, à partir de 2004, des mesures restrictives temporaires à l’égard des ressortissants des nouveaux États membres. En revanche, le Royaume-Uni, qui n’a pas voulu signer l’accord de Schengen, a adopté une politique d’ouverture vis-à-vis des émigrés des pays d’Europe centrale et orientale. Pour vous y retrouver, une seule solution, imprimer la note de synthèse d’EurActiv, et la lire, stabylo en main.
• Les accords récents
Le cofinancement de la gestion des flux migratoires, le 21 septembre 2006
Le 5 et 6 octobre 2006, lors du conseil des ministres de l’Intérieur et de la Justice, à Luxembourg
- Le début d'une prise de conscience : l’UE a intérêt à s’engager dans le développement de l’Afrique
- Le dossier de Cafebabel.com, intitulé « Immigration : vers une Europe forteresse ? »
- La transcription de la conférence inaugurale, prononcée par l'écrivain catalan de renommée internationale, Juan Goytisolo, lors du congrès mondial Mouvements humains et immigration, organisé par l’Institut européen de la Méditerranée (IEMed) et le Forum universel des cultures, qui s’est tenu à Barcelone, du 2 au 5 septembre 2004 : « Métaphores de la migration ». Lisez ce texte que j’ai découvert grâce à Guadalupe Pérez García. Disponible en quatre langues (anglais, catalan, espagnol, français) sur le site d’IEMed, il n’a pas pris une ride depuis deux ans. C’est le meilleur antidote contre la frilosité d’un côté et l’angélisme de l’autre qu’il m’ait été donné de lire sur ce sujet.
- Courrier international réserve à ses abonnés un dossier complet sur l’Union européenne et l’immigration. En revanche, les archives de la revue de presse en trois langues (allemand, anglais, français) offerte sur le site de Courrier par le Bundeszentrale für politische Bidung (Centre fédéral pour l’éducation politique) sont en libre accès. La dernière brève en date sur le sujet, au moment où nous bouclons ce numéro, porte sur la réunion euro méditerranéenne qui a eu lieu à Tripoli, en Libye, les 22 et 23 novembre 2006.
- Sur le site d'ARTE, vous pouvez visionner les reportages diffusés lors du Forum des Européens du 21 octobre 2006 consacré au cauchemar politique de l’immigration.
- Enfin, signalons aux amoureux de théâtre, de cinéma et d’épopée un coffret de deux DVD : Le Dernier caravansérail – Odyssées –. Ariane Mnouchkine a adapté elle-même pour le cinéma la pièce qu’elle avait créée en 2003 au Théâtre du Soleil sur ceux qu’on nomme étrangers, réfugiés, clandestins, migrants et qui, eux, s’appellent des voyageurs. Le résultat pulvérise les frontières entre les genres. C’est un hymne au courage et à la beauté de ces destins en miettes des temps modernes. VO français. Sous-titres en allemand et en anglais.






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