
Dimanche 8 mars 2009
à 20h15

"Ingres est capable du pire comme du meilleur." Non sans une certaine insolence quand il moque ses "dégradés kitsch dignes de restaurants italiens", Hector Obalk sonde aujourd'hui l'oeuvre de l'auteur de "La baigneuse Valpinçon" (1808). Et esquisse, au-delà du prodigieux portraitiste comme de l'édifiant peintre d'histoire, un Ingres érotique, dont témoignent nombre de ses tableaux mythologiques. Du Louvre à l'inchangé musée Condé de Chantilly, de Vienne à Montauban, où le maître voit le jour en 1780, une immersion sans complaisance au coeur de la peinture de l'artiste néoclassique, moins esthétiquement correct qu'il ne voulait bien le prétendre. Car si ses nus sont empreints d'un réalisme de texture, ils sont, à y regarder de plus près, affublés de bien curieuses disproportions. Talon monstrueux ou chute de reins n'en finissant pas : des difformités dont Francis Bacon ne manquera d'ailleurs pas de s'inspirer, un siècle et demi plus tard. Et Obalk, allongeant l'artiste du XIXe sur le divan, de souligner au passage : "Ce n'est que quand Ingres dessine des femmes que son pinceau en déforme les lignes, sous l'impulsion inconsciente de ses désirs sexuels."







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