Le réalisateur, Christian Delage, a souhaité redonner toute leur force aux audiences filmées à Nuremberg en faisant en sorte que le commentaire ne les recouvre pas, mais, au contraire, les accompagne et en souligne les temps forts. Le procès des dignitaires nazis a été inaugural sur le plan pénal (premier exemple de justice internationale, naissance du concept de « crimes contre l’humanité »), mais aussi sur le plan de la procédure : le ministère public a organisé en son sein la projection d’images qualifiées comme preuves, une première mondiale. Trois films ont été présentés comme preuves à charge contre les accusés : Les Camps de concentration nazis, Le Plan nazi (tous deux produits par John Ford) et Les Atrocités commises par les envahisseurs germano-fascistes en URSS (une production des studios soviétiques, sous la direction de Roman Karmen). Du fait de leur statut tout particulier, les trois séances où l’Accusation a présenté ces films à charge font l’objet de séquences importantes dans le film.
Pour les entretiens, ont été choisies uniquement des personnalités présentes à Nuremberg afin d’éviter de réduire l’archive à un rôle d’illustration de propos généraux. Richard W. Sonnenfeldt,chef-interprète, Budd Schulberg, membre de l’équipe de John Ford, Benjamin B. Ferencz, procureur et Ernst Michel, rescapé d’Auschwitz devenu reporter au procès apportent leur témoignage et permettent une mise en perspective des images.
Sur le plan technique, l’ensemble des sons optiques d’origine des films a été remplacé par ceux de l’enregistrement sonore, d’une meilleure qualité, obtenu grâce à la collaboration des Archives nationales américaines (NARA). Les images détériorées ont été restaurées. Le montage a permis de rendre fluide la progression des débats.







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