Vous avez d’abord interprété Lisa dans « Marienhof », puis on vous a retrouvée dans « Op-Team ». Plus tard, vous avez joué au Thalia Theater de Hambourg dans la pièce « Les trois sœurs » de Tchekhov, puis vous avez été Ismène dans « Antigone » d’après Sophocle/Hölderlin/Brecht. Actuellement, vous interprétez Philidel, l’esprit de l’air dans « King Arthur ». Quel parcours ...
Et de votre part, quelles recherches ! Je fais du théâtre depuis dix ans maintenant et j’en faisais déjà à l’école ; ma sœur aînée est elle aussi comédienne. Après un stage de mise en scène à Mannheim, j’ai su que c’était ma vocation. Puis j’ai étudié dans une école d’art dramatique à Hanovre et tout de suite après, Jürgen Flimm m’a engagée au Thalia. Mon premier rôle était celui d’Hedvig Ekdal dans « Les oies sauvages » d’Ibsen. Je suis restée huit ans là-bas, et depuis deux ans, je fais partie de la troupe du Burgtheater de Vienne.
Quels enseignements avez-vous tirés de votre expérience d’actrice dans une série TV ?
L’improvisation. Oui, c’est vraiment ça le plus important. En général, une série est tournée rapidement et il faut donc beaucoup improviser.
Un esprit de l’air n’a rien de commun avec un terrien. Quelle a été votre source d’inspiration ?
J’ai lu « Harry Potter » à mon fils et dans ce livre, on parle d’un elfe domestique. C’est à lui que j’ai pensé. Pour le reste, j’ai adopté une démarche ludique ; l’interprétation d’une créature imaginaire laisse plus de liberté que celle d’un personnage à la psychologie complexe. On a le droit de faire des choses qu’on ne ferait jamais quand on interprète des personnages normaux et réalistes, et du coup, ça décuple l’imagination. En plus de cela, Philidel est un esprit de l’air, parfois bon, parfois mauvais ; Philidel est un petit arriviste, un petit ambitieux qui veut égaler Merlin l’Enchanteur.
Comment Jürgen Flimm vous a-t-il dirigée ?
Jürgen m’a donné un seul conseil : « Philidel ne reste jamais en place, il doit sautiller ». C’est merveilleux de travailler avec lui, parce que je le connais depuis longtemps. On ne commence donc pas à zéro. Il m’a laissé beaucoup de liberté, il me permettait de tester différentes pistes. Le costume, un manteau léger avec des ailes, m’a aussi beaucoup aidée. Les ailes m’inspiraient en quelque sorte. C’est ce qui m’a donné l’idée de faire ces sauts, car Philidel est quelqu’un qui veut s’envoler, aller vers les cieux. Et je suis quelqu’un qui aime bouger. Mais on en a si rarement l’occasion sur scène. Là, par contre, j’en avais tout le loisir.
Quid des bruits particuliers dans votre interprétation de l’esprit de l’air ?
Au cours des premières répétitions, nous étions logés sur les rives d’un magnifique lac et je m’entraînais tous les soirs. Voilà le fin mot de l’histoire.
Quand il collabore avec M. Harnoncourt, M. Flimm travaille-t-il différemment du metteur en scène avec les comédiens ?
Pendant 4 à 6 semaines, nous n’avons répété qu’avec Jürgen. Mais il y a eu une répétition très impressionnante avec Harnoncourt. Les chanteurs se sont retrouvés avec lui et ont passé en revue avec lui toute la partie musicale. J’ai été très impressionnée par le langage sensuel et visuel d’Harnoncourt, par la manière dont il explique sa vision des choses et, surtout, par la manière dont les artistes ont réagi à ses indications et les ont concrétisées. C’était vraiment très fort.
Qu’est-ce que les comédiens peuvent apprendre des chanteurs ?
J’envie aux chanteurs ce don du ciel qu’est leur voix. Il leur suffit de monter sur scène et il se passe déjà quelque chose. En revanche, un comédien ne peut se raccrocher qu’à son texte. Pour lui, le défi est donc plus grand. C’est pour cela que j’envie les chanteurs qui sont pratiquement portés par la musique. En revanche, je ne voudrais pas échanger ma place avec un chanteur qui a le trac. Nous sommes plus solides, lorsque nous sommes enroués par exemple, nous compensons avec notre langage corporel.
Pour moi, un bon chanteur est aussi un bon comédien qui sait chanter et aussi se plonger dans une situation.






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