Taille du texte: + -
Accueil > Echappées culturelles > Cultures Electroniques > > Interview de Alain Thibault

Cultures Electroniques

elektra exit 2010 trabsmediale Sk-interfaces Orlan Shift Nancy Happy Cube Day Ars Stelarc Stimuline 3Dkids varusschlacht Elektra dorkbot paris douglas repetto (...)

Cultures Electroniques

25/05/09

Interview de Alain Thibault

Fondateur et directeur du festival Elektra


Nous avons rencontré Alain Thibault - fondateur et directeur du festival Elektra - à l'occasion d'une session d'Upgrade! Paris. A lire avec le compte-rendu du festival dont la dixième édition a eu lieu à Montréal du 6 au 10 mai 2009.

Previous imageNext image

Cultures Electroniques : Pouvez-vous nous présenter votre festival ?

Alain Thibault : C'est un festival dit d'arts numériques. A cause de nos racines liées à la musique électroacoustique, l'axe central reste la musique électronique. Ce qui nous intéresse, c'est de présenter des oeuvres qui incluent à la fois musique électronique et visuels, donc ça peut être de la vidéo, des oeuvres robotiques, tout ce que l'on veut. Nous cherchons à présenter des pièces où un travail est réalisé sur la relation image-son, sous toutes ses déclinaisons. Nous avons différents volets : les performance qui sont surtout présentées à l'Usine C qui est le quartier général d'Elektra, les installations (sonores, électroniques et interactives) qui sont montrées à la fois à l'Usine C, à la Cinémathèque Québecoise et dans différentes galeries de Montréal.
Elektra est un festival ouvert à toutes sortes d'esthétiques, ce qui peut-être nous différencie d'événements ou de festivals du même type. Nous essayons de donner de bonnes conditions aux artistes. Pour moi, c'est important que les pièces soient bien montrées, bien restituées, autant par respect pour l'artiste que pour le public.


Cultures Electroniques : Quels sont les temps forts du festival ?

Alain Thibault : A cause de mes racines parce que je suis musicien, c'est l'aspect de concert, de présentation en direct qui est très important. L'aspect installation s'est développé au fil des années. C'est notre dixième édition, et on a pu justement inclure dans Elektra différentes galeries et centres d'artistes. Contrairement à la plupart des festivals, notamment européens, il n'y a pas de thème. Ce qui nous intéresse, c'est présenter l'état des choses, des recherches, de montrer les dernières créations des artistes dans le champ d'action qui est le nôtre.
Nous réservons l'aspect thématique à une nouvelle activité qui s'appelle Elektra_Lab qui a lieu vers la fin octobre. L'idée derrière ce projet est d'avoir un cycle de conférences et de performances lié à la thématique de la collaboration entre les artistes et les programmeurs, ingénieurs ou scientifiques. Nous nous sommes inspirés des "9 evenings" qui ont eu lieu à New York en 1966 où il y avait eu 9 soirées basées sur cette idée-là, où des artistes comme John Cage, Robert Rauschenberg, etc, avaient travaillé avec des ingénieurs du Bell Labs à l'époque pour créer des pièces qui impliquaient art et nouvelles technologies. Le thème précis de la première édition d'Elektra_Lab en octobre dernier était les nouvelles interfaces, comment elles influencent notre façon de créer. Nous avons rassemblé des artistes, des musiciens, un des principaux chercheurs de chez Microsoft, des designers, un spécialiste en ergonomie... Le prochain thème est l'espace : le son dans l'espace, les architectures augmentées, le space art. On va essayer de couvrir les activités artistiques dans lesquelles l'espace est un paramètre dominant.
Pour revenir au festival, qui a lieu en mai, cette année nous fêtons la dixième édition donc à la fois nous avons invité des artistes qui ont été importants pour nous et pour le domaine des arts numériques et nous présentons les oeuvres de plus jeunes créateurs et créatrices. Parmi les artistes importants pour Elektra, nous ramenons la performance "FEED" de Kurt Hentschläger pour la quatrième fois. Il faisait partie du fameux duo de Granular Synthesis qui ont présenté à peu près tout leur travail à Elektra depuis 1999. Ryoji Ikeda revient également, il a été présent au festival à partir de l'an 2000 chaque fois qu'il avait un nouveau travail à montrer.


Cultures Electroniques : Y-a-t-il cette année de nouveau un Marché International des Arts Numériques (MIAN) lors du festival ?

Alain Thibault : Oui, cela sera la troisième édition. L'idée du marché est très simple : faire en sorte que des producteurs et diffuseurs internationaux dans le domaine de l'art numérique rencontrent des artistes canadiens afin que ceux-ci puissent présenter leurs pièces en dehors du Canada. Je n'étais pas sûr que cela allait marcher mais les invités ont doré. Ils se croisent dans les différents festivals, notamment en Europe, sans trop savoir qui est qui. Là, c'est clair. Le premier jour, on choisit quatorze diffuseurs qui parlent de leurs structures, festivals, etc, et le lendemain, nous choisissons quatorze artistes de tout le Canada qui viennent présenter leurs travaux. Ce qui est intéressant aussi est que les diffuseurs et producteurs internationaux se rencontrent entre eux et font du "business" ensemble. Le marché devient donc un rendez-vous pour la communauté internationale qui diffuse l'art numérique. En Amérique du Nord, l'art numérique est assez développé à Montréal, au Québec, mais dans le reste du Canada et aux Etats-Unis, il n'y a presque rien. Avec le marché, nous essayons d'inviter des producteurs américains pour faire en sorte que cela puisse se développer sur notre continent. La première année du marché, nous avons surtout invité des européens, avec un focus sur la Hollande. L'an dernier, ce fût des gens d'Australie, du Japon. Et puis, cette année, nous aimerions avoir aussi des gens de Corée, de Chine... Il s'agit de créer un réseau pour échanger, développer des initiatives de co-production, comme par exemple avec le festival parisien Nemo. Des artistes montréalais vont participer à l'édition de cette année, et un volet projections s'est ajouté à Elektra grâce aux Panoramas de Nemo.


Cultures Electroniques : Comment voyez-vous ces dix ans de création numérique, à travers le festival mais aussi en tant qu'artiste ? Quelles formes artistiques, par exemples, ont émergées selon vous ?

Alain Thibault : Le domaine des arts numériques est en évolution. Par exemple, à l'intérieur du Conseil des Arts, autant au Canada, au Québec, à Montréal, ça s'appelle les nouveaux médias, ça fait partie des arts médiatiques qui sont encore dominés par le film indépendant, la vidéo... Les arts numériques qui se développement beaucoup intéressent notamment la jeune génération. La majorité de notre public a entre 20 et 35 ans. Nous essayons de prendre notre place dans ce domaine en devenir, en présentant ce qui se fait dans la nouvelle création audiovisuelle. Une tendance qui est quand même assez forte mais requiert des moyens économiques plus grands est tout le travail autour de l'immersion, les ¦uvres
immersives. Comme par exemple la fameuse pièce "FEED" de Kurt Hentschläger dans laquelle on est plongés dans une fumée tellement dense pendant 30 minutes qu'on ne voit plus la personne qui est assise à côté de soi. L'aspect expérientiel me semble de plus en plus important, par exemple aussi avec les vidéos à 360°. Mais où va ce type de création, je ne sais pas !

Festival

Festival Elektra
du 6 au 10 mai 2009
à Montréal - Québec
>> Le site du festival

Liens

Edité le : 24-05-09
Dernière mise à jour le : 25-05-09