Comment vous êtes-vous lancé dans Revivre ?
Dès la lecture du scénario, j’ai été très touché par les trajectoires de ces personnages qui dérivent, au propre comme au figuré, avec ce bateau. J’avais prévenu Haïm Bouzaglo que je ne connaissais quasiment rien à l’histoire politique et religieuse d’Israël. Mais lui ne souhaitait pas que je me documente trop pour que je découvre tout cela comme Antoine, avec une certaine candeur. Même s’il ne ressemble pas aux autres, mon personnage partage avec eux le poids de la souffrance, car il a perdu sa femme et sa fille pendant la guerre ; et je n’ai eu aucune peine à m’identifier, car comme lui, j’ai souvent eu la sensation de regarder le monde vivre et bouger autour de moi, en restant extérieur.
Que retenez-vous de cette expérience ?
Qu’il est décidément difficile de comprendre l’autre quand il a une histoire et des racines différentes des siennes, c’est-à-dire tout ce que porte un émigrant juif, qu’il soit séfarade ou ashkénaze, rallié au sionisme dans le rêve d’ . Au cours de cette immersion homéopathique – six ou sept semaines –, je ne pouvais qu’observer sans me poser en juge, à l’image de mon personnage. Mais avec les comédiens juifs ou non, israéliens ou français, nous discutions sans cesse : qu’est-ce qu’être juif, qu’est-ce qu’Israël ? Ainsi avec cette jeune assistante pour laquelle trois ans de service militaire, au lieu des deux requis, relevaient de l’évidence, alors qu’à 19 ans, j’avais, moi, tout fait pour éviter le mien.
Comment s’est déroulé le tournage ?
J’avoue qu’au début, les conditions de tournage m’ont un peu déstabilisé : faire la queue pour obtenir son costume, avant de s’habiller avec une quarantaine de personnes sous une tente, passer six heures sans manger sur un bateau, avec le mal de mer… Une façon peut-être aussi pour Haïm de nous malmener un peu, comme l’avaient été ces émigrants. D’où la réelle solidarité qui se dégage à l’image. Toutes tendances confondues, les comédiens israéliens étaient habités, du fait de leurs liens intimes avec cette histoire. Une personne âgée, par exemple, avait connu la déportation. Fêtes, chants, bar-mitsva : parfois festive, l’atmosphère était émouvante, même s’il n’était pas toujours facile de trouver sa place, comme en Israël d’ailleurs…
Propos recueillis par Sylvie Dauvillier
lundi, 24 août 2009
| 13:00 |
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Ma rediffusion
Revivre
À la veille de la création de l'État d'Israël, le périple d'hommes et de femmes qui tentent de rejoindre la Terre promise, en dépit de l'opposition britannique. Une bouleversante saga. |
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DÉTAILS
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lundi, 24 août 2009 à 13:00Rediffusions :
À la veille de la création de l'État d'Israël, le périple d'hommes et de femmes qui tentent de rejoindre la Terre promise, en dépit de l'opposition britannique. Une bouleversante saga. Épisode 1 Douloureuse épopée |
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