13/03/02
Invincible
Sortie du 13 mars 2002
INVINCIBLE
de Werner Herzog
Coproduit par ARTE
Avec Tim Roth, Jouko Anola, Anna Gourari
Grande-Bretagne Allemagne
Synopsis:
1932. Zishe Breitbart (Jouko Anola) est un fils de forgeron polonais d'une force exceptionnelle. Repéré par un agent de spectacle Zishe part pour Berlin et devient l'employé du célèbre Hanussen (Tim Roth) qui dirige un établissement dédié aux formes occultes sur scène. En pleine montée du nazisme, Zishe affublé d'une perruque blonde devient le symbole du surhomme.
Critique:
Découragé par la disparition de Klaus Kinski en 1991, Herzog avouait connaître un essoufflement face au cinéma. Après dix années entre autre vouées au documentaire, il revient aujourd'hui à la fiction en s'inspirant d'une histoire vraie et bien connue en son temps. C'est l'occasion pour lui de se pencher sur son pays d'origine et d'explorer l'une des périodes les plus noires : les années trente en Allemagne. Si quelques voitures d'époques et quelques costumes nazis font l'affaire en guise de reconstitution historique, le cinéaste s'intéresse de très prêt à deux personnages qui lui permettent également de réitérer à l'écran son goût pour les individus hors du commun : Zishe Breibart (interprété par un véritable " Monsieur univers ", Jouko Anola) est présenté comme un naïf qui bénéficie d'un don presque irréel, un agneau qui soulève des tonnes sans trop d'effort. Hanussen, quant à lui, apparaît davantage ambigu et semble doté de pouvoirs maléfiques.
L'univers du spectacle décrit par Herzog est avant tout celui de l'illusion, un monde qui peut à lui seul, convaincre et entraîner les hommes et ce, à l'image de ce que préfigure la propagande nazie. La figure d'Hanussen est en ce sens intéressante car elle réunit à elle seule l'association spectacle/pouvoir. Le personnage rêve ainsi sincèrement d'un ministère de l'Occulte dans le gouvernement d'Hitler.
Face à la scène, Herzog nous montre aussi la réaction vaillante du public. Lorsque Zishe avoue qu'il est juif, la communauté juive l'érige en héros. Auparavant les nazis avaient fait de même lorsque le colosse se présentait comme une résurrection de Siegfried : Le cinéaste démontre l'importance et la puissance des symboles sur les foules, tous camps confondus, dans le cadre d'une époque troublée et incertaine.
Au final si "Invincible" manque de souffle par instant et souffre de certaines longueurs, en utilisant le détail de deux destins singuliers Werner Herzog propose une vision subtile de l'étourdissement et l'égarement du peuple Allemand à l'aube de la seconde guerre mondiale.
Olivier Bombarda

Interview exclusive avec Werner Herzog
Interview 1 : 28k - 220k
Interview 2 : 28k - 220k
Interview 3 : 28k - 220k
Réalisé par W. KABISCH
Edité le : 20-04-04
Dernière mise à jour le : 13-03-02