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Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

Actualité Cinéma

Sortie du 9 mai 2007 - 11/05/07

Irina Palm

Un film de Sam Garbarski


Il n’y a pas de sot métier, surtout quand on possède des dons cachés…

(Belgique/Allemagne/Luxembourg/Grande Bretagne/France 2007,103 min.)
Avec Marianne Faithfull, Miki Manojlovic, Kevin Bishop
Film en compétition - Berlinale 2007


Voir la bande d'annonce du film


  • Interview exclusif avec l'actrice Marianne Faithful
Marianne Faithfull


Synopsis: Gravement malade, le petit-fils de Maggie (Marianne Faithfull) est hospitalisé à Londres. Seule une équipe médicale basée en Australie serait capable de lui sauver la vie. Son fils et son épouse sont aussi démunis qu’elle et toutes les portes se ferment, dès qu’il s’agit d’essayer de trouver de l’argent pour organiser le coûteux voyage. Désespérée, la brave quinquagénaire se laisse attirer par une offre très bien rémunérée dans un cabaret de Londres, le « Sexy World ». Veuve et réservée, Maggie fait la connaissance de Miki, le patron, qui lui explique avec circonspection en quoi consiste réellement son travail d’ « hôtesse ». La consciencieuse Maggie se métamorphose rapidement en « Irina Palm », son nom d’emprunt, et sa réputation grandit auprès de la clientèle de Soho. Mais le quartier interlope n’est pas très éloigné de la banlieue conservatrice où elle réside. Son fils se demande d’où elle tire soudain ses ressources pour leur venir en aide et ses voisines aimeraient connaître la raison de ses allers-retours incessants dans la capitale.


Critique : Dans la comédie britannique « Saving Grace » (2000) de Nigel Cole, la comédienne Brenda Blethyn, l’inoubliable mère de famille de « Secrets et mensonges » (1996) de Mike Leigh, incarnait une anglaise débonnaire soudain mise en demeure de trouver de l’argent. La panacée se dévoilait sous les formes courbées et feuillues des tiges de marijuana. Le scénario d’ « Irina Palm » l’a cette fois dissimulée dans un sex-shop décati où trône Miki. Réalisateur comblé du « Tango des Rachevski » (2003), Sam Garbaski assume la nature mélodramatique de son projet autant que sa propension à ne pas lester les enjeux humains d’un goût pour la tragédie sèche ou le regard sociétal et clinique. Il nous fait rire et, au lieu de projeter des ombres concupiscentes, il nous montre les clients de Maggie sans pour autant s’y attarder de manière graveleuse. La rudesse désincarnée n’est pas son affaire, et c’est tant mieux car s’il n’ambitionne pas de s’affirmer comme un grand réalisateur, il se révèle un excellent conteur et un directeur d’acteurs fort capable, même avec les seconds rôles moins étoffés, comme celui, ingrat, de Tom, le fils de Maggie. Cela représente déjà beaucoup pour un seul homme.

Maggie quant à elle l’aime bien, son petit métier. Elle gagne en assurance et relève la tête, elle qui a toujours courbé l’échine, tendu l’autre joue et demeuré à sa place. Même si Garbaski n’oublie jamais que le commerce du sexe surgit ici comme une évidence doublée d’une question morale lorsqu’on est au pied du mur. Pour Maggie, il s’agit de trouver une alternative sans posséder la moindre qualification ni ressource financière, et en approchant de la soixantaine. Quel emploi proposer aussi à une vedette ménopausée qu’elle ne refuserait pas, qui ne la chagrinerait pas ? De façon prémonitoire, Marianne Faithfull chantait « It’s Time For Sex With Strangers » il y a peu (sur l’album « Kissin’ Time», 2002) en compagnie d’une pléiade de compositeurs masculins (Beck, Billy Corgan, Jarvis Cocker …).

Il ne fait pas de doute qu’Irina Palm est peut-être le rôle de carrière, jusque-là embryonnaire au cinéma. L’humour, le comique visuel, le laconisme des dialogues, ciselés et redevables à la touche british, sont distingués au cours du film par une absence de temps mort qui ne confine jamais à la précipitation ou à l’hystérie. Les heurts sont certes inévitables, mais le récit ne joue pas d’un suspens démonstratif établi sur l’imminence de la confrontation entre Maggie et ses proches. Aux commandes de ce conte de fées encombré de kleenex maculés, Sam Garbaski préfère nous amuser du « Pénis Elbow » de Maggie la stakhanoviste, qui gagne sa revanche à la force de son poignet. Il faut de tout de même un certain talent pour réussir cela.

Julien Welter


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Irina Palm
Un film de Sam Garbarski
(Belgique/Allemagne/Luxembourg/Grande Bretagne/France 2007,103 min.)
Avec Marianne Faithfull, Miki Manojlovic, Kevin Bishop
Sortie du 9 mai 2007
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Edité le : 07-05-07
Dernière mise à jour le : 11-05-07