>> CD à gagner
Don't Stop Til You Get Enough (Real Audio, 1'00")
Exorcise The Funk (Real Audio, 1'00")
The Twitch (Real Audio, 1'00")Etre admis dans le saint des saints n’est pas donné à tout le monde. Certains musiciens qui pourtant le méritent trouvent porte close. C’est le sort qui a frappé James Chance : il n’a jamais été accepté par les amateurs de jazz, et son nom ne figure dans aucune publication de jazz. Vraisemblablement la faute à ses allures de punk... Et pourtant, entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, Chance avait anticipé l’évolution de formations comme The Lounge Lizards et des projets de John Zorn. Très tôt, il a métissé les éléments punchy du jazz, du funk et du punk. L’homme est un électron libre sur scène. Il adore insulter le public et a déjà provoqué des bagarres. C’est sa manière à lui de casser la distance entre musiciens et auditoire, de tirer le « consommateur » de sa passivité. Il va sans dire que James Chance s’est mis à dos le public « traditionnel » du jazz.
Sa musique se nourrit de trois grands styles, le funk à la James Brown, le saxophone expressif d’un Albert Ayler et le style boule de nerfs d’un Iggy Pop. L’album « Soul Exorcism Redux » est une réédition du concert enregistré à Rotterdam en 1980. Même si l’auditeur ne voit pas la sueur perler, il perçoit l’extase du public et celle de Chance. Cette ambiance, on la doit pour une bonne part aux Contortions, groupe qui, à l’époque, se composait du batteur Richie Harrison, membre de la légendaire formation Defunkt, et d’Al MacDowell, le bassiste d’Ornette Coleman.
James Chance a fait son apparition sur les scènes de New York à la fin des années 1970. Son style était inclassable. Le terme « No Wave » a été donc inventé pour lui et des musiciens comme Arto Lindsay et Mark Cunningham. Mais cette expression vide de sens n’a pas survécu. Il est tragique de voir que James Chance, parce qu’il était en avance sur son temps, n’est pas mentionné dans la plupart des ouvrages sur l’histoire du jazz. A recommander vivement, pour tous ceux qui s’intéressent à James Chance, au mouvement No-Wave, et d’autres perles de l’ère post-punk, le livre « Rip It Up And Start Again ».
Matthias Schneider







Envoyer à un ami
RSS
Facebook
Twitter