C’est sans oxygène, équipées uniquement de masques rudimentaires et de palmes, dans un costume traditionnel blanc avec coiffe, que les femmes de la mer plongent au fond de l’eau pour arracher à l’aide d’un pic les coquillages accrochés aux rochers. « C’est un travail plus dangereux qu’il n’y paraît », disent-elles : plus d’une y a perdu la vie. C’est moins l’équipement que l’habileté qui détermine le succès et la survie d’une Ama. Pendant longtemps, ces plongeuses qui gagnent bien leur vie ont été considérées comme « une bonne pêche » par les hommes de la région. Aujourd’hui, comme elles gagnent plus facilement leur vie sur le littoral, la moyenne d’âge des Ama atteint 60 ans, et nombre d’entre elles sont même septuagénaires. Pourtant, être une Ama est bien plus qu’un métier. L’espoir de maintenir vivante la tradition des Ama, Kazu Yamamoto, 80 ans, le place dans la plus jeune femme du groupe, Satomy Yamamoto, 34 ans. Les deux femmes sont très proches.
La cadette a trouvé en son aînée un modèle. « Je veux plonger aussi longtemps que je pourrai encore marcher, et peut-être même plus longtemps que Kazu », dit Satomy. Plongeuse depuis trois ans, elle aura bientôt acquis assez d’expérience pour mériter le titre d’Ama. Mais pour cela, il lui faut plonger en eau encore plus profonde…







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