Deux routiers éboueurs, Krass et Padovan vivent une relation homosexuelle. Dans un bar isolé, Krass rencontre une jeune femme à l’allure androgyne, les cheveux coupés très courts, qui porte le prénom de Johnny à cause de ses petits seins et de son gros cul. Malgré son incapacité à aimer les femmes, Krass s’éprend de Johnny. Leurs relations sexuelles accompagnées de cris les font chasser de tous les hôtels. Repoussé par son amant jaloux, Padovan ne cesse de graviter autour du couple et sa présence rappelle à Krass son égarement. Un homme peut aimer une femme mais ils resteront toujours des inconnus l’un pour l’autre.De l’anamour
Comme Boris Vian, à qui ce film est dédié, Serge Gainsbourg est un artiste multiforme, compositeur peintre, écrivain, acteur et cinéaste. Rongé par le doute quant au mérite de son œuvre, il ne cesse de se chercher, d’innover. En 1975, il vient de tourner la page des heureuses années 60 en signant l’un des ses albums les plus provoc : Rock around the bunker. Je t’aime, moi non plus appartient radicalement à cette nouvelle période. Le film, d’une noirceur infinie – l’image est de Willy Kurant –, dénude la crasse de l’humanité sur un terrain vague. Inspiré par la muse Jane Birkin, porté par Joe Dallesandro, l’ange noir d’Andy Warhol, Je t’aime, moi non plus est un drame existentiel à propos de l’impossibilité d’aimer, un conte mythologique débordant de connotations sexuelles et une critique aiguisée de la grossièreté “des gens”, du monde extérieur. Le film échappe de peu au classement X et sort en salle le 10 mars 1976. Les critiques ne l’apprécient pas et lorsque Gainsbourg se fait inviter sur un plateau télé, c’est seulement pour parler de la scène finale où Jane Birkin a failli mourir d’étouffement. En 1975, la légende de l’affreux Gainsbarre venait de naître.






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