Jean Claude Ameisen a passé son enfance « dans le monde des survivants ». Celui de son père et tous ces juifs polonais, pourchassés, celui d’Auschwitz où sa mère est détenue, ce monde qui, en permanence, côtoie dans le même instant la vie et la mort.
Est-ce pour s’éloigner de l’épicentre génocidaire que son père, ingénieur et sa mère, peintre, partent aux Etats-Unis ? C’est en tout cas à New-York qu’il voit le jour en 1951.
Sans être un déterministe forcené, Jean Claude Ameisen doit bien y penser, à tout ça, quand il se penche sur ses paillasses et ses microscopes électroniques.
Survivre, c’est continuer à exister, dit le dictionnaire. Malgré la mort, et avec la mort. Comme nos cellules qui se construisent et se déconstruisent, et prolongent notre vie ou nous basculent dans la mort. Comme cette femme qui tricote, un point à l’endroit, un point à l’envers, ou ce sculpteur qui déblaie la pierre pour donner vie à son œuvre.
Il côtoie la mort, il l’observe, parce que depuis sa tendre enfance, elle est aussi pour lui source de vie. Et comme les enfants face au loup, Jean Claude Ameisen n’est-il pas de ceux qui diraient à la mort : « même pas peur ? »
- Quelques ouvrages de Jean Claude Ameisen :
La Sculpture du vivant. Le suicide cellulaire ou la mort créatrice aux éditions du Seuil, 1999
Qu'est-ce que mourir ? (En collaboration avec Danièle Hervieu-Léger et Emmanuel Hirsch), éditions le Pommier/Cité des Sciences et de l'Industrie, 2003
Quand l'Art rencontre la science, en collaboration avec Yvan Brohard et l'Inserm, éditions de La Martinière, 2007
Dans la Lumière et les Ombres. Darwin et le bouleversement du monde, éditions Fayard/éditions du Seuil, octobre 2008
Mireille Darc a demandé à Jean Claude Ameisen s’il croyait en une vie après la mort. Il faut dire qu’elle a signé, en 2009, un documentaire sur le deuil. Voyage vers l'inconnue – France 2







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