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L'entretien avec... - 11/09/07

Jean-Claude Brialy

- à propos son dernier « grand rôle » dans « Monsieur Max »


C’était l’été dernier. Jean-Claude Brialy tournait à Paris sous la direction de Gabriel Aghion et il répondait aux questions du journaliste François-Pier Pelinard-Lambert. Particulièrement attaché à ce rôle qui, selon lui, allait le montrer sous un autre jour, il parlait avec ferveur du poète…

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Jérôme Clément, le président d’ARTE France à propos de Max et Jean-Claude (Monsieur Max) :
« En hommage à Jean-Claude Brialy, ARTE a choisi d’avancer la date de diffusion de Monsieur Max pour en faire un événement de rentrée. Monsieur Max évoque la vie d’un poète bohème au coeur tendre, proche des grands de son époque, souvent au second plan malgré un talent subtil et profond…
Le parcours de Jean- Claude Brialy, qui l’interprète ici avec brio, emprunte quelques chemins parallèles à celui du trublion de Montmartre : fasciné par les arts, qui l’emmènent loin de son milieu d’origine à la discipline de fer, il devient saltimbanque, tourne avec les plus grands réalisateurs du siècle, de Renoir à Rohmer en passant par Chabrol et Godard. ARTE est heureuse de rendre hommage à ces deux artistes dans le film de Gabriel Aghion, qui retrace de manière sensible et profonde le parcours d’un homme complexe, hors norme, victime de la barbarie du IIIe Reich et de sa variante vichyste. Une manière pour nous de les maintenir vivants dans nos coeurs et nos esprits, de saluer l’immense talent de Jean-Claude Brialy, dont ce fut le dernier grand rôle. »
Jérôme Clément

Interview de Jean-Claude Brialy :
Comment présenteriez-vous ce film ?
Ce n’est pas une biographie au sens propre, mais une réflexion poétique sur ce poète maudit.

N’avez-vous pas été surpris que l’on vous propose le rôle ?
C’est vrai que Jacob était petit, trapu… Ce n’est pas tout à fait moi [sourire]. Mais je me suis rasé la tête pour lui ressembler… J’aime beaucoup Gabriel Aghion et je suis ravi d’être mis en scène par lui. Il réalise avec élégance une histoire pathétique, mais pas désespérée.

Qu’évoque Max Jacob pour vous ?
Il a vécu une période fascinante, celle qui va des années vingt aux années quarante. Ses poèmes, il les a écrits dans une grande pauvreté, habité par la foi, mais aussi par les drogues et l’alcool. Il avait besoin d’excès. D’être à la marge… comme dans sa sexualité.

On vous en avait parlé ?
J’ai un peu fréquenté Picasso, beaucoup connu Cocteau et Jean Marais. Ils m’ont souvent évoqué le souvenir de Jacob. C’était un bon vivant, féroce aussi, qui était abandonné par presque tous ses proches.

Max Jacob est-il pour vous un sujet contemporain ?
La solitude, l’abandon, c’est un sujet éternel. Son destin me rappelle celui de Jacques Chazot. Il avait 5 000 amis, il était généreux, mondain… Puis il est tombé gravement malade et il n’est resté qu’une poignée de personnes à ses côtés.

On va être surpris de vous découvrir dans un rôle sombre…
On me voit trop souvent comme une belle Rolls, quelqu’un de mondain, de brillant, de sarcastique, qui a le sens de la repartie. Cela me fatigue un peu. Il n’y a qu’en Italie
où l’on a vraiment su utiliser mon côté dramatique. Il est vrai que Rohmer, Techiné ou Chereau l’ont aussi exploré. Mais j’aurais aimé tourner avec Visconti, Bergman…

Pourquoi vous faites-vous si rare à la télé et au cinéma ?
Cela fait deux ans que je n’avais pas tourné. J’ai refusé beaucoup de choses médiocres. Il est rare d’avoir entre les mains un scénario aussi bien écrit, aussi grand public que poétique. C’est exceptionnel à la télévision.

Propos recueillis par François-Pier Pelinard-Lambert


Diffusé sur arte vendredi 14 septembre 2007 à 20h40

Edité le : 06-09-07
Dernière mise à jour le : 11-09-07