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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

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26/01/09

Jean-Louis Costes

Un reportage de Paul Philip Hanske


Du sang, des intestins à vif, de la merde en chocolat, des hurlements. Jean-Louis Costes crée des soirées raffinées et follement divertissantes. Tracks a assisté à l'une d'entres elles, aux premières loges.

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Les déclarations de guerre, Jean-Louis Costes connaît. Ses performances sont aussi rares que choquantes. Pour effrayer les spectateurs, le truc qui marche bien, c’est de leur faire signer un document par lequel ils s’engagent à ne pas porter plainte après le spectacle. Et ils vont en avoir pour leur argent : dans le show qui va suivre, aucun fluide corporel ne manquera à l’appel.

Le maître de cérémonie, Jean-Louis Costes, est musicien noise et performer sexuel. L’enfant le plus terrible de la culture française actuelle. Protégé par des bouchons d’oreilles et des imperméables anti-projections, le public va assister à la profanation du mythe de Mozart par le féroce Jean-Louis Costes et son ensemble.
Chaque spectacle vise, entre autre, à choquer le public. Et cela pour une raison très simple : l’équilibre budgétaire. "J'ai un corps mais pas de budget pour monter un spectacle, alors je montre ma bite. C'est plus facile. Je n'ai que mon corps et quelques boites en carton, avec ça, je fabrique un spectacle. Mais je ne prétends pas que “Je travaille sur le corps“, ça, c'est des conneries" explique Jean-Louis.

Les performances de Costes : un spectacle débridé, associant plusieurs champs thématiques qui s’imbriquent les uns dans les autres. "Les gens se demandent si je veux faire passer un message. En fait, la politique que l'on voit à la télé fait partie de ma vie privée. J'ai une guerre au Proche-Orient dans la tête. J'ai cinquante ans et j'ai toujours entendu parler de cette guerre, même si je n'ai jamais été là-bas. Mais je ne connais personne là-bas, c'est l'effet des médias. C'est la même chose pour l'Irak, on en parle tous les jours à la télé, alors ça doit fait partie de mon spectacle."

Jean Louis Costes produit ses spectacles depuis plus de 20 ans. La plupart du temps, il y apparaît nu, en se tenant le sexe, souvent en compagnie de Lisa Suckdog. Lisa est une artiste américaine, grande consommatrice de drogues, comme Costes, et connue pour ses spectacles sexy absurdes et délirants. Jean Louis et Lisa se sont si bien entendus qu’ils se sont mariés.

Ironie du sort, les performances virulentes de Costes sont nées presque par accident. "Je ne sais pas pourquoi mais j'étais programmé dans la cadre d'un festival de jazz. Un festival de jazz d'avant garde, après moi, il devait y avoir un ensemble de free jazz américain. Je faisais la première partie et j'ai joué mes petites chansons déjantées sur mon petit clavier. Au bout de deux minutes, tout le monde s'est mis à siffler pour me faire arrêter. Alors je me suis énervé, j'ai pris le micro et je me le suis mis dans le cul, nu bien sûr. Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça. C'est peut-être comme ça que tout a commencé. A la suite de quoi, l'ensemble de free jazz a refusé de jouer parce que le micro était sale !"

Ça n’étonnera personne : ses provocations répétées ont déjà valu à Jean-Louis pas mal de soucis. Après le spectacle, tout le monde a l’air soulagé que ce soit fini. L'artiste refuse de s’expliquer sur les motivations de ses délires. Mais on peut supposer que son expression artistique est avant tout une thérapie personnelle. "A l'école, je n'avais pas d'amis et je me sentais seul. Quand je faisais de l'art, quand je composais des chansons dans ma chambre, cela me faisait du bien. J'ai aussi remarqué, quand mon frère est mort et que j'ai écrit une chanson pour lui, que c'était une bonne chanson. C'est dingue, mais l'art possède la faculté perverse de transformer la souffrance en plaisir."

Le plaisir et la souffrance sont les obsessions de Jean-Louis Costes. Et la fusion des deux produit pas mal de saleté.

Liens


Vidéo

Jean-Louis Costes, extrait du spectacle "Satan Mozart Morat"

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samedi, 31 janvier 2009 à 01:20
Pas de rediffusion
(Allemagne, 2009, 52mn)
BR

Edité le : 14-01-09
Dernière mise à jour le : 26-01-09