Jean-Paul Grossin
est journaliste et cinéaste et a été rédacteur en chef de la revue "Grande Faune" de l'ANCGG pendant 17 ans.
Il a publié plusieurs ouvrages photographiques sur la Sologne et Chambord ainsi qu'une "Anthologie du Cerf" chez Hatier, qui lui a valu en 1993 d'être lauréat de l'Académie française.
Il avoue adorer la contemplation et la découverte de nouveaux lieux en pleine nature. "Le premier équipement d'un naturaliste, d'un photographe, d'un caméraman ou même d'un chasseur", dit-il "est tout simplement une paire de jumelles ! Découvrir un site, trouver des nouveaux lieux fréquentés par des espèces, bref avancer en écartant les branches… y a-t-il mieux ?"
La plupart de ses films traitent du cerf. "Trombinocerf" et "Quand le Cerf perd la tête" lui ont valu bon nombre de récompenses et la réputation d’un gros bonnet du film animalier, principalement parce qu’il sait prendre le temps et recherche une façon de filmer avec poésie et humour.
Pourquoi et comment le cerf perd la tête
Film de 35 minutes. Documentaire à vocation scientifique, il bénéficie des compétences du Dr Xavier Legendre, professeur au Muséum d’Histoire Naturelle et de Guy Bonnet. Véritable "Que sais-je ?", il donne à connaître les mécanismes biologiques qui commandent la chute et la pousse des bois. "En hiver, les arbres sont tout en bois", écrivait Jules Renard.
Les cerfs aussi. Un mimétisme total unit la bête à son milieu naturel. Pour conserver sa tête sur les épaules, le cerf se doit d’échapper à la faim et aux hommes en quête de son trophée avant que ce dernier chute puis repousse. On n’imagine pas le cerf sans sa majestueuse ramure. Et pourtant vers la fin de la traversée de chaque hiver, elle tombe d’elle-même et repousse… Sa croissance est aussi mystérieuse qu’inconnue du plus grand nombre.
Il lui faut un peu plus de 120 jours, soit quatre mois et quelque, soit un bon tiers d’année pour qu’il retrouve un couvre-chef achevé et par là toute sa prestance.
Le film relate les métamorphoses des paysages de la fin de l’hiver aux prémices du printemps, puis du plein été au début de l’automne. Ce n’est pas un hasard si le cerf incarne philosophiquement la notion de "passage". Animal solaire, la croissance de ces bois accompagne l’allongement de la durée des jours, le renouveau de la végétation et le retour des oiseaux migrateurs.
Puissante est la symbolique liée à ce trophée, véritable arbre de vie, qui de tout temps et dans toutes les civilisations a été associé à l’immortalité et à la fécondité, tant de l’âme que du corps.







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