Court-circuit
Court-circuit vous donne plus que du court: des films du monde entier, des portraits de réalisateurs, des making of, des zoom sur les écoles de cinéma, sur des festivals, des leçons d'animation et les "trucs" du cinéma.
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Court-circuit vous donne plus que du court: des films du monde entier, des portraits de réalisateurs, des making of, des zoom sur les écoles de cinéma, sur des festivals, des leçons d'animation et les "trucs" du cinéma.
Jean Renoir est né le 15 septembre 1894 à Paris. C’est en découvrant des films comme « Le brasier ardent » d'Ivan Mosjoukine et Alexandre Volkoff (1923), ou encore « Folies de femmes » d’Erich von Stroheim (1922), qu’il décide de se lancer dans le cinéma. En 1924, engageant l'héritage de son père, Renoir s’initie à la réalisation avec Albert Dieudonné. Ce sera « Catherine ou Une vie sans joie », l’histoire d'une jeune servante renvoyée par ses patrons. Après un deuxième mélodrame, « La fille de l’eau », Renoir tourne une adaptation de « Nana », le roman d'Émile Zola. Le film est un échec commercial et Renoir se tourne vers les films de commande. Il en réalisera cinq en l’espace de deux ans, « Sur un air de Charleston », « Marquitta », « Tire-au-flanc », « Le tournoi dans la cité » et « Le bled ». Après plus d'un an sans tourner, et alors que le cinéma français devient parlant, Jean Renoir accepte de réaliser très rapidement – en moins d'une semaine – une adaptation d'un vaudeville de Feydeau, « On purge Bébé » (1931), qui connaîtra un grand succès. Renoir peut alors s’engager dans des projets plus personnels, tels « La chienne » ou « La nuit du carrefour » (avec son frère Pierre Renoir en commissaire Maigret), « Chotard et Cie » ou encore « Boudu sauvé des eaux ».
« Toni » réalisé en 1934 marque un tournant important dans la carrière de Jean Renoir. Il y met en scène, autour d'un drame passionnel, le milieu des immigrants italiens et espagnols dans la France méridionale. Cette découverte du monde ouvrier va orienter le choix des sujets de ses films dans la seconde partie de la décennie. Avec « Le crime de M. Lange » en 1935, Renoir devient le cinéaste le plus représentatif de l'état d'esprit et des mentalités contemporains du Front populaire. Il tient une chronique régulière dans Ce soir et Ciné-Liberté, journaux d'extrême-gauche. En 1936, il accepte même de réaliser un film de propagande pour le parti communiste, « La vie est à nous ». Cette même année, il adapte « Une partie de campagne » de Guy de Maupassant ainsi que « Les bas- fonds » du dramaturge russe Maxime Gorki. Jusque-là, aucun de ses films n'a connu un succès public retentissant. « La Grande Illusion », en 1937, lui apporte enfin, après treize années de carrière, une notoriété nationale et internationale considérable.
Prenant un nouveau cap à la veille du second conflit mondial, Renoir s'intéresse à l'idéologie et aux valeurs de l'aristocratie. En 1939, il tourne sa libre adaptation des « Caprices de Marianne », qu'il intitule « La règle du jeu ». Avec ce film, Renoir s'affirme comme le cinéaste le plus moderne de l'avant-guerre. Mais la guerre et l'occupation allemande l’obligent à s’exiler. D'abord en Italie, où il commence la réalisation de « La Tosca » - que son assistant Carl Koch achèvera, puis aux États-Unis. La période hollywoodienne du cinéaste commence avec « L'étang tragique », tourné en grande partie dans les décors naturels des marais de Géorgie. Il doit ensuite faire deux films de propagande pour la France libre, « Vivre libre » et « Salute to France ». Renoir enchaîne avec des films plus ambitieux, comme « L'homme du Sud », qui décrit la misère des agriculteurs du Sud des États-Unis, ou « Le Journal d'une femme de chambre ». Après « La femme sur la plage » en 1946, il reste quatre ans sans tourner, jusqu'à l'aventure du « Fleuve », qu'il réalise en Inde. Puis viennent « Le carrosse d'or », d'après Mérimée, et « French Cancan », un divertissement sur le Montmartre de l'époque 1900. Jean Renoir adapte aussi pour la télévision française le célèbre récit de Robert L. Stevenson, « Docteur Jekyll et Mister Hyde », sous le titre « Le testament du docteur Cordelier » (diffusé en 1961). La même année il réalise « Le déjeuner sur l'herbe ».
En 1968, Gisèle Braunberger réalise un court métrage de 27 minutes, « La direction d'acteur par Jean Renoir », précieux témoignage sur les méthodes de travail du cinéaste. L’homme aux 38 films se consacrera ensuite à l'écriture de ses Mémoires et de trois romans, publiés de 1966 à 1979 (« Les cahiers du Capitaine Georges, « Le cœur à l'aise » et « Le crime de l'Anglais »). Il réalisera encore, en 1969, « Le petit théâtre de Jean Renoir », libre suite de trois sketches, et une chanson de Jeanne Moreau. Jean Renoir s'éteint à Beverly Hills en 1979, à l’âge de 85 ans.
FILMOGRAPHIE
· 1924
Catherine ou Une vie sans joie (1800 m)
La fille de l’eau (70 min)
· 1926
Nana (2700 m)
Charleston ou Sur un air de Charleston (29 min)
· 1927
Marquitta (2200 m)
La p’tite Lili (interprétation) (300 m)
· 1928
La petite marchande d’alumettes (co-réalisé par Jean Tedesco) (29 min)
· 1929
Tire au flanc (2200 m)
Le tournoi ou Le tournoi dans la cité (2000 m)
Le bled (2400 m)
Le petit chaperon rouge (adaptation et interprétation)
· 1931
On purge bébé (1700 m)
La chienne (100 min)
· 1932
La nuit du carrefour (2000 m)
Chotard et Cie (80 min)
Boudu sauvé des eaux (83 min)
· 1933
Madame Bovary (210 min)
· 1934
Toni (100 min)
· 1935
Le crime de Monsieur Lange (2200 m)
· 1936
La vie est à nous (66 min)
Partie de campagne (1232 m)
télécharger la nouvelle de Maupassant
Les bas-fonds (90 min)
· 1937
La grande illusion (3542 m)
Terre d’Espagne (commentaire dit et écrit par Jean Renoir) (1500 m)
La Marseillaise (135 min)
· 1938
La bête humaine (105 min)
· 1939
La règle du jeu (112 min)
· 1940
La Tosca (5 plans de Jean Renoir) (2500 m)
· 1941
Swamp Water (L’étang tragique) (86 min)
· 1943
This Land is Mine (Vivre libre) (2847 m)
· 1944
Salute to France (Salut à la France) (35 min)
· 1945
The Southerner (L’homme du sud) (92 min)
· 1946
The Diairy of a Chambermaid (Journal d’une femme de chambre) (82 min)
The Women on the Beach (La femme sur la plage) (71 min)
· 1950
The River (Le fleuve) (99 min)
· 1952
Le carrosse d’or (100 min)
· 1954
French Cancan (97 min)
· 1956
Elena et les hommes (95 min)
L’album de famille de Jean Renoir (interprétation) (711 m)
· 1959
Le testament du docteur Cordelier (95 min)
Le déjeuner sur l’herbe (93 min)
· 1962
Le caporal épinglé (105 min)
· 1968
La direction d’acteur par Jean Renoir (interprétation) (27 min)
· 1969
Licorice Store (interprétation)
Le petit théâtre par Jean Renoir (films à sketchs)
À CONSULTER
« Jean Renoir à Hollywood ou la recherche américaine d'une image française » par Roger Viry-Babel
« La règle du jeu ou : de la représentation » texte publié par Simone de Beauvoir dans le numéro 477 des Temps Modernes (avril 1986)
À lire
Jean Renoir, Écrits 1926-1971, Éd. Belfond, 1974
Jean Renoir, Ma vie et mes films, Éd. Flammarion, 1974
Jean Renoir, Entretiens et propos, Éd. Cahiers du cinéma, 1979
André Bazin, Jean Renoir, Ed. Champ libre, 1971
Jean Renoir, Correspondance 1913-1978, Éd. Plon, 1998
Claude Gauteur, Jean Renoir, la double méprise, Éditeurs français réunis, 1980
Edité le : 05-05-04
Dernière mise à jour le : 08-10-02