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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

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2008.12.05 - 23.15 / 2008.12.06 - 03.00 : Tracks - 05/12/08

Jesus Franco

Réalisateur, explorateur de tous les genres de films répertoriés, Jesus Franco, le Salvator Dali de la bobine, tire à boulets rouges.

Magicien des Mondo Movies, les films de séries B et Z, Jesus Franco Manera est l'enfant terrible du cinéma espagnol. Exclu de l’histoire officielle, il est une légende vivante de la contre-culture et l’homme au mille pseudos farfelus qu’il a lui-même oublié : "Jess Frank" mais aussi "Rosa Maria Almiral" , "Clifford Brown" ou encore "Lulu Laverne" !
Pour cet ancien musicien de jazz qui affiche près de 200 films au compteur, utiliser des prête-noms permet de réaliser 6 films la même année sans effrayer les producteurs.

L'ancien assistant d'Orson Welles sur "Falstaff" ne se déplace jamais sans sa muse et compagne Lina Romay à laquelle il a donné dans ses films des rôles toujours sulfureux et souvent érotiques. Anarchiste, à 78 ans, le réalisateur Jesus Franco garde une rancœur tenace pour son pays natal, l’Espagne et le régime fasciste du général Franco qu'il a fuit dès les années soixante. Un exil permanent qui lui fait faire dix fois le tour du monde pour réaliser et présenter ses films.
La cinémathèque française a rendu hommage à Jesus, le plus surréaliste des réalisateurs - 18 juin au 31 juillet 08
Jesus Franco devient très vite la bête noire du dictateur Francisco Franco. De 1939 jusqu'à sa mort en 1975, celui qui se fait appeler "le guide" règne sur l'Espagne faisant de ce pays le dernier bastion fasciste européen. Jesus Franco se fait connaître en 61 avec "L’Horrible docteur Orloff", une réponse espagnole aux films gothiques du studio anglais de la Hammer qui triomphent à l’époque dans les cinémas de quartier.
Jesus Franco débute dans la comédie musicale, seul genre adoubé par le régime franquiste, avant de s’engouffrer dans le cinéma de genre. Recyclant les grandes figures de l'épouvante, il bricole ses films avec des budgets ridicules et prône alors un cinéma débarrassé de ses dialogues. Aux débuts des années 70, Jesus prend un virage. Il enfile une cascade de films de cul et réinvente les codes du film érotique.

En 1970, Jesus réalise "Vampyros Lesbos", l'un de ses films cultes avec Soledad Miranda surnommée la reine sanglante. L'actrice espagnole aux cheveux longs promise à une carrière internationale se tue dans un accident de voiture à 27 ans. Pour Jesus Franco, ce film signe son excommunication. Vade Retro!


Jesus Franco : "J'ai été excommunié! D'ailleurs c'était très chouette parce que Je l'ai été avec Luis Buñuel. Nous étions considérés comme les deux réalisateurs les plus dangereux du cinéma à ce moment-là. C'est comme ça que j'ai eu l'honneur et le plaisir de connaître Luis Buñuel. Je m'en moquais, qu'est ce que ça pouvait me faire, à moi, que le Vatican soit contre mes films. C'est totalement stupide parce que, quel est mon pouvoir à côté du Vatican? Rien, c'est ridicule, quoi!"

Livre

Jess Franco – Energies du fantasme
de Stéphane du Mesnildot
Editions Rouge Profond, dans la collection "Raccords" dirigée par Guy Astic - 2004

Vidéo

Jess Franco à la cinémathèque française

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samedi, 27 décembre 2008 à 00:20
Pas de rediffusion
(France, 2008, 52mn)
ARTE F

Edité le : 02-12-08
Dernière mise à jour le : 05-12-08