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sur ATE le 18 octobre à 20.40 - 18/10/07

Jésus de Montréal

Après la vie sexuelle des intellos (Le déclin de l’empire américain), la passion du Christ revue et corrigée par Denys Arcand. Une bouleversante (et drôle) dénonciation des modernes marchands du
Temple. Avec un Lothaire Bluteau incendiaire.

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Film de Denys Arcand
(Canada, 1989, 1h58mn)
Scénario : Denys Arcand
Avec : Lothaire Bluteau (Daniel Coulombe), Catherine Wilkening (Mireille), Johanne-Marie Tremblay (Constance), Rémy Girard (Martin), Robert Lepage (René), Gilles Pelletier (le père Leclerc), Yves
Jacques (Richard Cardinal), Denys Arcand (le juge)
Image : Guy Dufaux

Le rideau tombe sur une pièce de théâtre, et les critiques rivalisent de platitudes. Dans les coulisses, voici le comédien Daniel Coulombe, qui se prépare à jouer Jésus dans La passion sur la montagne. Le père Leclerc lui a demandé de dépoussiérer ce spectacle estival, monté depuis quarante ans sur le site de la basilique qui surplombe Montréal. Daniel débauche quatre acteurs : Constance (qui sert la soupe populaire), Martin (qui double des films porno), Mireille (qui tourne des publicités) et René (dont le rêve est de jouer Hamlet). En s’appuyant sur de récentes découvertes archéologiques et scientifiques, ils replacent la vie du Christ dans son contexte historique, brisant quelques tabous au passage. Mais ils donnent aussi à leur Passion une dimension spirituelle inédite qui soulève l’enthousiasme du public. Le père Leclerc et la hiérarchie catholique fulminent…

Jésus dans le métro

Prêchant au public avec un calme brûlant, crucifié sur un lit d’hôpital, renversant les caméras des marchands de publicité, chamboulant la vie de ses disciples, accusé de blasphème par les autorités religieuses, Lothaire Bluteau incarne à la perfection un Christ moderne, allant jusqu’à reproduire involontairement les paroles de Jésus (“Mon père m’a abandonné”). Mais, l’entretien avec la psychologue le montre bien, Daniel Coulombe n'est pas un doux illuminé, ni un prophète new age. C’est un acteur rattrapé par son rôle. S’il met en cause une Église incapable de reconnaître les siens, Jésus de Montréal est avant tout un film sur le théâtre. Plus précisément sur la difficulté d’exercer son art quand celui-ci est devenu la proie des médias et du business (ce qui n’est pas uniquement le cas du théâtre : deux chanteuses font la manche dans le métro, sous une affiche publicitaire pour laquelle un acteur a vendu sa belle gueule…). Toute l’habileté de Denys Arcand consiste à établir un parallèle constant entre deux chemins de croix sans jamais forcer la note. Et ça marche ! Par le truchement de cette troupe soudée autour d’une certaine conception de son travail, il met en lumière les maux d’une société étouffée sous les valeurs matérielles. Une société parfois capable, pourtant, de miracles…

Edité le : 10-10-07
Dernière mise à jour le : 18-10-07