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Actualité DVD

Hors des âges et pourtant élégamment contemporain, le lycée redevient sous l’œil de Christophe Honoré le lieu de la parade mélancolique. Interview exclusive

Actualité DVD

22/03/05

John Cassavetes (DVD)

« Un enfant attend » et « Love Stream »

« Un enfant attend »
(USA,1962,1h42)
de John Cassavetes avec Judy Garland, Burt Lancaster, Gena Rowlands
et

« Love Stream »
(USA,1983,2h21)
de John Cassavetes avec John Cassavetes, Gena Rowland, Diahnne Abbott


Un coffret DVD Cinémalta
 
Le coffret Cinémalta qui réunit deux œuvres, a priori antinomiques, de John Cassavetes est une intention qui en réalité, ne manque pas d’intérêt. En dehors du bonheur de revoir ces deux films dans le cadre d’une très belle numérisation, leur juxtaposition est aussi l’occasion d’entrevoir le talent d’un des prodiges du cinéma américain indépendant dans ses aspects les plus singuliers et les plus contrastés.
La production d’« Un enfant attend » fut certes l’une des expériences les plus douloureuses de John Cassavetes. Le cinéaste s’était battu vigoureusement contre United Artists et Stanley Kramer, la Major et le producteur du film, pour en définitive ne pas réussir à garder le final cut et accepter des compromis scénaristiques insupportables pour lui. Après « Un enfant attend » Cassavetes retiendra la leçon, il aura à coeur désormais de préserver avec une attention sans limites, ses prérogatives d’artiste libre.
Renié mais loin d’être indigne, « Un enfant attend » présente des scènes qui, au regard de certaines bluettes hollywoodiennes, apparaissent iconoclastes. A l’image de ses autres films à venir, le thème de la folie et du handicap est central, le cinéaste montre sans pudeur au public américain de 1963, les refoulés d’une société qui vivait sur la base du non-dit et d’une hypocrisie radicale. Amateur et défenseur des marginaux, Cassavetes intègre l’idée de « dégénérescence » comme point névralgique, un centre quasi sismique porteur d’une insondable vérité en passe de détruire toute forme de hiérarchie construite sur le mensonge. Les différents degrés d’interprétation psychologique des personnages sont tout à fait remarquables et donnent la pleine mesure de la perception aiguë et exempte de toute forme de manichéisme propre à Cassavetes. Dans « Un enfant attend » le visage de l’enfance notamment, est la grande métaphore d’une innocence paradoxalement dangereuse parce qu’incomprise et cette idée trouve son écho perpétuel dans toute la filmographie de Cassavetes.
Alors que certains ont rapidement classé « Love Stream » en reprenant l’idée reçue que Cassavetes était simplement attiré par des déclassés alcooliques en mal de vivre, le cinéaste créé le point d’orgue d’une vision du monde entièrement lié à l’enfance. Dans ce film qui se révèle être son avant-dernier, il aborde de front le thème de la perpétuation obstinée de l’état d’enfant chez l’adulte, un phénomène qui rend ses personnages proprement inadaptés à l’univers dans lequel ils évoluent.
Robert (Cassavetes dans « Love Stream ») présente le profil d’un adolescent attardé et libre car sans contraintes. Ce dernier est au paroxysme de ses ambiguïtés et de son état dans la confrontation réflexive avec son propre fils qu’il a ignoré jusqu’ici, un gamin de 8 ans qui lui interdit tout positionnement, si ce n’est celui de lui recommander abruptement de se comporter comme « un homme ». Cette situation inavouable de l’être adulte qui se nie lui-même détermine aussi le non-dit récurrent entre Robert et sa sœur Sarah (interprétée par l’inégalée Gena Rowland), victime d’affres similaires. Qui est Sarah pour Robert ? Est-ce sa sœur ? Est-ce sa mère ? Inversement pour Sarah, elle ne peut donner de nom à Robert… Pour seules certitudes ne subsistent qu’un irrépressible besoin d’amour, une nécessaire surveillance et protection sous-tendues par un sentiment d’angoisse assujetti à la peur de l’abandon. Avec un naturel tout à fait impressionnant, Cassavetes capte les soubresauts des démons intérieurs de Robert et Sarah, leurs indispensables épanchements vers une enfance primitive et universelle qui les isole encore davantage dans leurs névroses. La mise en scène, l’improvisation, tout est affaire de captation pour et par le cinéaste dont l’intelligence lumineuse aura été de cerner un profil psychologique bouleversant, happant chacun d’entre nous, charriant de manière féroce, jusqu’aux soulèvements des cœurs, des torrents d’émotions.
 
Olivier Bombarda
 
  • Les Bonus de « Love Stream »
 
Extrait de « I Am Almost Not Crazy » de Michael Ventura (7 min.25)
Cassavetes au travail de « Love Stream » réécrit des dialogues avec sa scripte. Quelques propos de Gena Rowland sur le tournage et la « répétition » de sa scène fameuse autour de la piscine.
Scène 143, prise 1, 2 et 3 de Samuel S. Labarthe (10 min.43)
Tournage de nuit de l’une des scènes du film, Cassavetes donne des indications aux comédiens, réfléchit et découpe la scène dans les décors de sa propre maison.
Présentation du film par Agnès b.
Liens internet

 
  • Les Bonus de « Un enfant attend »
Chapitrage
Bande annonce
Galerie photo

 
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Coffret Cassavetes
« Un enfant attend »

(USA,1962,1h42)
de John Cassavetes
avec Judy Garland, Burt Lancaster, Gena Rowlands
« Love Stream »

(USA,1983,2h21)
de John Cassavetes
avec John Cassavetes, Gena Rowland, Diahnne Abbott
Edition Cinémalta

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Edité le : 15-03-05
Dernière mise à jour le : 22-03-05