
Concertos pour violoncelle en ut majeur et en ré majeur, Symphonie n° 85 en si bémol majeur
Enrico Dindo (violoncelle et direction), Franz Liszt Chamber Orchestra
Label : Assai
Distribution : M. 10

Il faudrait probablement s’y prendre à deux fois pour régler ce petit paradoxe : Haydn, qui avait conçu un style délibérément populaire, est presque aujourd’hui un compositeur pour connaisseur. De la à dire que pour être apprécié, sa musique doit simplement en passer par une certaine légèreté, il y a un pas… Mais jouer les concertos de Haydn comme on jouerait ceux de Mozart n’est pas non plus le meilleur service à leur rendre.
Tout cela pour dire qu’en se plongeant dans l’interprétation d’Enrico Dindo, on se prend à imaginer un retour en grâce de Haydn auprès du grand public, et cela pour une seule et unique raison : sa musique, lorsqu’elle est jouée avec cette sorte d’insouciance, produit une forme d’euphorie qu’on éprouve devant les objets simples et beaux, sans que l’on puisse véritablement s’en expliquer la cause.
Que la technique prodigieuse du jeune violoncelliste lui permette d’envisager les mouvements rapides comme s’il les jouait au violon baroque est évident. Mais l’essentiel n’est pas là : écoutez le final du concerto en ut majeur et songez à ce qu’un tel mouvement implique et je pense que nous seront plus d’un à comprendre pourquoi, aujourd’hui, un tel disque est indispensable.
Mathias Heizmann







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