
12 Symphonies Londoniennes, Symphonie 88, 98 et 91
Orchestre Philharmonique de Londres, Berliner Philharmoniker, Symphonie-Orchestrer des Bayerischen Rundfunks, Eugen Jochum (direction)
Label : Deutsche Grammophon
Distribution : Universal

Si les trois symphonies livrées en bonus méritent à elles seules l’achat du coffret – ces enregistrements de 58 et de 62 sont publiés pour la première fois en CD – c’est surtout la cohérence d’interprétation et le sens du drame que Jochum déploie qui frappent lorsque l’on parcourt l’ensemble du programme.
On sait la difficulté de ces pages tardives : Haydn a mis sur pied quelque chose qui ressemble à une intrigue et a conçu un objet qui exige une absolue clarté dans son développement. En effet, l’application à la musique pure des techniques et des structures dramatiques de l’opéra impose au chef d’orchestre des contraintes de metteur en scène : un contrôle de la structure globale de l’œuvre où chaque scène, quel que soit son caractère, fait partie intégrante du déroulement de l’action.
Chez Jochum, cette notion de clarté prend tout son sens. Certes, chaque symphonie possède une dynamique et un climat qui lui est propre. Mais toutes ont cette logique narrative qui permet de suivre leur déroulement à la manière d’un film à suspens dont chaque plan, chaque dialogue, achève de maintenir le spectateur en halène. Peut-on vraiment rêver mieux ?
Mathias Heizmann







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