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Actu Musique - 10/10/2006 - 29/04/09

Joseph Haydn sous la direction de Thomas Fey

Thomas Fey et son sixième volume d’une intégrale des Symphonies de Haydn promet de faire date. À suivre absolument.

a écouter également

Joseph Haydn

Symphonies
n°52 en ut mineur
n°49 en fa mineur
n°58 en fa majeur

Thomas Fey (direction)

Label : Hänssler Profil
Distribution : Intégral

On se ridiculiserait à vouloir parler de la musique sous un angle unique. Mais lorsque l’on met un disque sur sa platine, lorsque l’on répète inlassablement le petit rituel du discophile passionné, on ne peut ignorer qu’à travers la question du choix, c’est bien une idée de la musique (et parfois de l’œuvre) qui nous guide.

Ainsi, je me souviens avoir longtemps privilégié les grands orchestres et recherché une certaine griserie des sons que me procuraient les disques de Karajan et, d’une manière générale, les musiciens de sa génération. Comment aurais-je perçu la Symphonie n° 49, dirigée par Thomas Fey ? Je ne sais trop. J’aurais sûrement tiqué devant l’orchestre choisi et jugé sévèrement son manque d’ampleur… Car l’orchestre d’Heidelberg n’est pas celui de Berlin : fondé en 1993, constitué d’instruments baroques, il tente de rester fidèle aux exigences d’un répertoire, marqué par ce qu’on appelle généralement (et certainement par confort) « la tradition romantique ».

On ne peut sans doute échapper totalement aux schèmes qui conditionnent notre écoute. Ce qui me touche chez Thomas Fey n’est ni totalement isolé de ce qui fait aujourd’hui « le bon goût » en matière de direction classique (orchestre réduit, appuis cadentiels, accents rythmiques, articulations), ni totalement éloigné de la logique des œuvres qu’il aborde. On pourrait d’ailleurs avancer sans grand risque que c’est la cohérence de ses positions esthétiques qui lui permet, aujourd’hui, de construire une sorte d’épopée musicale dont la trame a été posée deux siècles et demis plus tôt.

Je pourrai, par conséquent, me contenter d’écrire (ce qui est d’ailleurs parfaitement exact) qu’en dirigeant de la sorte, en insistant sur les contrastes de l’œuvre et en soulignant sa structure, Thomas Fey se rapproche d’une certaine « vérité ». Mais la vérité est que cette énergie particulière, cette joie parfois brutale à faire sonner la matière orchestrale, bref cette forme d’engagement en musique me plaît au plus haut point. D’où la nécessité de ne pas me croire sur parole et de vous risquer, à votre tour, sur les terres contrastées de ce chef allemand…

Mathias Heizmann

Edité le : 10-03-09
Dernière mise à jour le : 29-04-09