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Du 7 au 17 février, l’équipe web franco-allemande en collaboration avec la rédaction du Journal de la Culture couvre en direct l’intégralité de la Berlinale.

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Filmfestival Berlinale 2008 - Compétition officielle - 01/09/08

Kabei - Our Mother

Un film de Yoji Yamada


Les bons sentiments seuls en font pas de bons films et le Japonais Yoji Yamada le prouve une fois de plus avec cette chronique sur la vie d’une mère de famille pendant la 2ème Guerre Mondiale.

Synopsis : Tokyo, 1940. Kayo Nogami, épouse heureuse et dévouée, ne regrette pas le moindre jour passé avec son mari, un professeur d’université renommé, Shigeru. Avec leurs deux petites filles, ils mènent une vie de famille heureuse jusqu’à ce qu’une nuit la police arrête et emprisonne Shigeru pour des motifs politiques. Sans savoir combien de temps son mari va rester en prison, Kayo doit désormais se dérouiller seule avec ses filles. Elle est aidée par Toru Yamasaki, un étudiant de son mari, très prévenant et un peu dans la lune, pendant cette période difficile. Les saisons passent sans que Shigeru ne soit relâché, et le Japon se prépare à entrer en guerre…

Critique : « Kabei » raconte quelques années de la vie d’une famille japonaise avant et pendant la deuxième Guerre Mondiale. Au moment où la guerre éclate, cette famille est déjà frappée par l’emprisonnement du père, Shigeru, un professeur de philosophie aux idées communistes qui déplaisent au régime impérial. Yoji Yamada, habitué à filmer des films de samouraïs pacifistes ces dernières années, ajoute une dimension de plus aux propos de ce film sur la liberté d’expression : la réalité. En effet, ce film est inspiré d’événements réels, plus précisément de l’autobiographie de Teruyo Nogami, productrice et biographe d’Akira Kurosawa, « Chichi no Requiem » (Requiem for a Father). Mais ce témoignage sur l’arrière-front au Japon, s’il est émouvant, n’en est pas pour autant cinégénique. Il y a plus de souffle et de cinéma dans un seul photogramme du « Tombeau des Lucioles », film d’animation d’Aisao Takahata sur deux enfants perdus pendant cette même guerre de que dans tout ce très classique « Kabei ». Le point de vue du film est celui de la mère, une mère courage s’il en est, se battant pour ses deux filles, tentant de traverser la guerre le plus dignement possible. Si cette histoire est édifiante (« la guerre et la violence c’est mal – la liberté d’expression c’est bien » - soit !), la mise en scène tristounette et classique ne donne pas deux secondes d’ampleur au film qui devient vite une chronique en tapisserie. Si le film se laisse doucement regarder sans trop d’énervement, le générique de fin qui résume en quelques minutes la vie de cette femme ( sans doute au cas où le spectateur n’aurait pas compris à quel point elle a été courageuse) hérisse le poil pour de bon. On regrette un instant qu’à la place de ce film, Yamada n’ai pas décidé de tourner un documentaire sur cette vie particulière de femme, un projet sans doute moins « sensible » mais plus instructif. Et bien oui, pour reprendre des vieux adages populaires (et sages), les bons sentiments ne font pas de bons films et l’enfer est pavé de bonnes intentions…

Delphine Valloire
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Kabei - Our Mother
Un film de Yoji Yamada
(Japon, 2008, 133 mn)
Avec Sayuri Yoshinaga, Mitsugoro Bando, Tadanobu Asano, Rei Dan…
Compétition officielle – Berlinale 2008

Edité le : 08-02-08
Dernière mise à jour le : 01-09-08