Film d’Amos Gitaï (Israël, 1999, 1h52mn, VM)Scénario : Amos Gitaï, Éliette Abecassis, Jacky Cukier
Avec : Yaël Abecassis (Rivka), Yoram Hattab (Meïr), Meital Barda (Malka), Uri Ran Klauzner (Yossef), Yussef Abu Warda (le rabbin, Rav Shimon), Sami Hori (Yaakov), Lea Koenig (Elisheva), Rivka
Michaeli (la gynécologue)
Image : Renato Berta ; Son : Michel Kharat
Musique : Louis Sclavis et Philippe Eidel
Production : Agav Hafakot, M. P. Productions, le Studio Canal+
ARTE France
Sélection officielle, Cannes 1999
Les ablutions et la prière forment le rituel matinal de Meïr. Suivent l’exégèse et les prières à la Yeshiva (école de la Torah), où il retrouve les autres hommes qui ont fait de la connaissance de
la loi judaïque le seul objet de leur activité. Pendant ce temps, leurs épouses gagnent le pain du foyer. C’est le cas de Rivka, la femme de Meïr, qui travaille comme comptable, et bientôt de
Malka, sa jeune sœur, promise à Yossef, lui aussi membre de la Yeshiva. Meïr et Rivka, comblés par l’amour et mariés depuis dix ans, sont dans l’impossibilité d’avoir des enfants. À la Yeshiva, le
rabbin persuade Meïr, avec force arguments exégétiques, de quitter Rivka, prétendument frappée de stérilité, et de prendre une nouvelle épouse, une femme qui pourra donner des enfants au peuple
d’Israël. Pendant ce temps, Malka se bat pour échapper au mariage que la communauté lui impose. En secret, en dehors du quartier orthodoxe, elle retrouve Yaakov, son amoureux…
Plongée au cœur de l’intégrisme
Troisième volet de la trilogie d’Amos Gitaï consacrée au peuple israélien après Devarim (à Tel-Aviv) et Yom Yom (à Haïfa), Kadosh a pour cadre le quartier juif orthodoxe de Jérusalem, Mea Shearim.
Le cinéaste observe avec sévérité le mécanisme de la censure exercée par les détenteurs de la loi religieuse ; il montre comment ils dirigent les sentiments de chacun, au nom de la foi et du
fantasme de la survie nationale. Kadosh dévoile aussi un aspect de la religion juive rarement montré au cinéma, celui des rituels masculins : la tenue vestimentaire de l’ultrareligieux, dont la
kippa est glissée sous l’oreiller, qui se pare de bandelettes (tefilin) et porte le plastron, de jour comme de nuit, le lever et les prières matinales, le comportement dans les relations sexuelles,
les arguties et les psalmodies au sein de la Yeshiva. Mais le film est aussi une ode poignante à l’amour, superbement interprétée par Yaël Abecassis et Yoram Hattab. À la photographie, un grand
monsieur, Renato Berta, sublime les corps et les sentiments.






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