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Berlinale 2009

Du 05 au 15 février, retrouvez toute l'actualité de ce prestigieux festival du film dans notre dossier.

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Berlinale 2009

Berlinale 2009 - Compétition officielle - 27/02/09

Katalin Varga

Un film de Peter Strickland


( note Arte: 3 ) Le premier long métrage de Peter Strickland raconte, de la perspective d'une femme, une histoire classique de vengeance, mais sous une forme inhabituelle.

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Synopsis: Pendant dix ans, Katalyn Varga a caché à son mari qu'il n'est pas le père biologique de son fils. Lorsque la vérité éclate et que son mari se montre compréhensif, elle décide en compagnie de son fils de retrouver ses bourreaux, dont le père de l'enfant, et de les punir.

Critique: Les histoires de vengeance dans le cinéma sont si fréquentes que cela constitue un genre en soi, pas seulement à Hollywood (dans les polars, les westerns ou les thrillers), mais aussi en Europe: un genre qui sous différentes formes, et à des degrés de qualité variables, a toujours connu le succès. Certainement parce que la victime, qui exerce sa vengeance envers ses bourreaux, satisfait l'aspiration fondamentale de l'homme à rétablir la justice divine. La série des « Dirty Harry » des années 70 est symptomatique de ce phénomène, illustré aussi récemment par « Irréversible », une histoire racontée à l'envers et d'une brutalité quasi intolérable et qui , contrairement à Clint Easwood, héraut du principe de « l'oeil pour l'oeil », s'interroge sans concession sur la légitimité émotionnelle de la vengeance, ce sentiment si fondamentalement humain et pourtant si peu exploré.

Katalin Varga
Un film de Peter Strickland
Grande-Bretagne, Hongrie, Roumanie, 2009, 84 min.
avec: Hilda Peter, Tibor Palffy, Norbert Tankou
En compétition

Ce premier long métrage de Peter Strickland ne se focalise pas seulement sur les émotions de l'héroïne, obsédée par sa vengeance, mais aussi sur les conséquences imprévisibles de ses actes pour son entourage. L'histoire se déroule dans les forêts et les montagnes isolées de Transylvanie – au pied des Carpates roumaines -, un paysage hors du temps, où les hommes et les femmes vivent encore selon les lois archaïques de la communauté villageoise.

Au début, Katalyn Varga n'est pas encore possédée pas sa volonté de vengeance, elle aspire surtout à vivre paisiblement auprès de son mari. A cause de son enfant illégitime, une faute impardonnable au sein de sa communauté, elle est bannie de son village, et doit affronter seule son passé. Son voyage à la recherche de ses bourreaux, qu'elle fait passer pour son fils comme une simple visite chez des grands-parents malades, ne revêt finalement pas l'apparence d'une croisade juste et légitime de l'héroïne bafouée. Au contraire, il s'avère que le mal n'est pas une donnée absolue et définitive, et que la vengeance pervertit même les sentiments les plus nobles. C'est à cette charnière du récit, le moment où le bien devient le mal et le mal devient le bien, que « Katalyn Varga » dévoile toute sa grandeur narrative. En l'espace de seulement de 17 jours, Peter Strickland est parvenu à réaliser ce que d'autres metteurs en scène ont essayé de faire toute leur vie: à savoir bouleverser l'interminable liste des films de vengeance par un opus anarchiste et pacifiste, qui ne manquera pas d'irriter les défenseurs bien-pensants du principe de « légitime vengeance ».

Martin Rosefeldt
En un clin d'œil, consultez la notation des journalistes ARTE de tous les films en compétition.

Edité le : 02-02-09
Dernière mise à jour le : 27-02-09