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Cent soixante ans après l’abolition de l’esclavage par la France, et alors que l’Amérique se demande si son prochain président sera noir, ARTE retrace le combat des Afro-Américains pour l’émancipation, et au passage, tend un miroir au passé esclavagiste et colonial de la France.

> I have a dream > Kenneth Barnes Senior

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Cent soixante ans après l’abolition de l’esclavage par la France, et alors que l’Amérique se demande si son prochain président sera noir, ARTE retrace le (...)

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02/09/08

Kenneth Barnes Senior

Kenneth Barnes Jr. est mort en 2001. Abattu par un jeune de 17 ans. Les deux garçons ne se connaissaient pas. Kenneth était juste au mauvais endroit au mauvais moment. Une boutique à Washington DC. Son père, Kenneth Barnes Senior, a ratissé le quartier et pu collecter assez d’indices pour que le coupable soit appréhendé. En mémoire de son fils et au nom de la lutte contre la violence armée aux États-Unis, cet homme charismatique a fondé une association baptisée Roots Inc. Sans cesse rattrapé par la dure réalité, il n'a pas vraiment le temps de rêver.

Kenneth Barnes Senior
« Je rêve de lancer une vaste campagne contre la violence armée – une campagne apolitique, loin des clivages de races, et qui ne s’en prendrait à personne. Une campagne qui attirerait l'attention sur la violence armée parmi les jeunes en Amérique. Je rêve d’une campagne qui rassemblerait toute l’Amérique. Nous ne souhaitons pas débattre du port d’armes d’un point de vue légal – d'autres s'en chargent déjà. Ce qui nous intéresse, c'est sensibiliser les gens à ce qui se passe en ce moment aux États-Unis. A cette épidémie de violence. La violence augmente chez les jeunes et l'Amérique fait la sourde oreille. Il est question de santé publique et l'Amérique ne le comprend pas. Washington détient le record en nombre d'agents de police par habitant. C'est un fait. Au moment où je vous parle, Washington DC est au 4e rang des villes les plus violentes du pays. Des gamins de 13-14 ans t’expliquent froidement qu'ils n'ont aucun problème à trouver des armes. Et ça à Washington DC, où la loi sur les armes est l'une des plus strictes. Apparemment, il est plus facile de se procurer une arme à feu qu'un sandwich. Depuis quelques semaines, les saisies d'armes offensives se multiplient. Des armes de destruction massive, des armes de guerre. J'arrive à discuter avec les gosses parce que je suis connu. Ils savent ce que j’ai traversé. Mais ce n'est pas pour autant qu'ils remisent leurs armes au placard. Ils me disent : « Sorry, Mr Barnes, mais on ne peut pas survivre sans arme dans le quartier. On doit se protéger. Je ne dépose pas mes armes. Si autour de moi tout le monde porte une arme, pourquoi pas moi ? » De toute façon, beaucoup sont convaincus qu’ils ne vivront pas au-delà de 20 ou 25 ans. Ils te le disent en face. Bien sûr, certains ont de bonnes intentions. Le maire (Adrian Fenty) fait du bon boulot et je sais que je peux compter sur le soutien de quelques membres du Congrès que j’ai rencontrés. Mais il ne faut pas oublier un autre phénomène : dans tous les Etats, l'une des industries les plus florissantes est celle des prisons privées. Les pénitenciers se frottent les mains quand le nombre des détenus augmente. C’est ça leur objectif – plus que la réinsertion sociale. Ce qui compte, ce sont les chiffres. Comment voulez-vous que je sois optimiste ? Soyons clairs : le racisme est toujours vivace. Si c'était des jeunes Blancs qui s'entre-tuaient, qui mouraient, si les blessures mortelles par balles étaient la première cause de mortalité parmi les jeunes Américains blancs de sexe masculin, le problème aurait été réglé depuis longtemps. »

www.rootinc.org

Ecoutez l'entretien (3'23'', en anglais)

Edité le : 27-05-08
Dernière mise à jour le : 02-09-08


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