Depuis la chute de l'Union soviétique, dans les années 80, la mort et la violence font partie de la vie des cinq millions d'habitants du Kirghizistan. Quatre présidents autoritaires se sont succédés, des chefs de clans rivaux ont entretenu à dessein la corruption et le népotisme. Les Kirghiz sont majoritaires dans le pays, ils représentent plus de 60% de la population. Mais la plupart d'entre eux vivent dans des conditions misérables, dans les chaînes de montagnes qui couvrent pratiquement tout le pays. Dans les villes du nord du pays, il y a une forte minorité russe. Cette dernière représente 10% de la population. De par leur histoire, de nombreux Russes tiennent aujourd'hui encore les rênes du pouvoir. Quant aux Ouzbeks, ils habitent surtout dans les villes du sud du pays.
La haine des Ouzbeks
Les Ouzbeks, qui ne représentent pourtant que 20% de la population, sont très présents dans le commerce et l'économie. Résultat : de nombreux Kirghiz se sentent dominés politiquement par les Russes et économiquement par les Ouzbeks, un mélange explosif. A cela viennent s'ajouter les bandes mafieuses. Elles vivent surtout du trafic de drogue. Quant aux Talibans d'Afghanistan, ils profitent de l'instabilité de la région pour faire transiter par le pays de l'héroïne vers l'occident. Ils participent aussi à la la radicalisation d'un islam traditionnellement modéré au Kirghizistan. Selon des observateurs, la mafia locale entretiendrait elle aussi des conflits latents pour empêcher les réformes démocratiques et le bon fonctionnement des institutions. Dans ces conditions, la présidente par intérim Rosa Otounbaïeva aura certainement bien du mal à organiser des élections libres d'où sortirait un parlement fort.
Arte Journal, le 22 juin 2010







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